Destination chaos
5
J'ai quelque chose à vous conter :
C'est la vraie, l'authentique histoire
Que mon esprit vient d'inventer,
Aussi jurez-moi de me croire !
Comme je ne savais pas où
Passer mes prochaines vacances,
J'ai fait un rêve, et tout-à-coup
J'ai pris le train de mes errances
Qui avançait les yeux fermés
Sur une voie rêche et revêche,
Entre les troncs gris et ridés
D'une plaine à l'haleine sèche.
Le train me jeta tout de go
Dans une gare de poussière,
Sur un sol dur au front si chaud
Que s'évaporait la lumière.
Je suivis d'un pas sans ailleurs
Les craquelures de la route
Où sombraient mes jours les meilleurs,
Hérissés des ronces du doute.
J'atteignis le pays final,
Le dernier pont, la terre ultime,
Et d'un appartement banal
J'allais faire un havre sublime.
Mais ce pays, c'était le mien,
Et ce logement ordinaire,
C'était tout simplement le mien
Qui m'attendait, l'air débonnaire.
Je tenais les clefs dans la main,
Mais plutôt que d'ouvrir la porte,
Elles fredonnaient ce refrain :
"Ici te guette une cohorte
D'ennemis sous le paillasson,
D'envahisseurs dans la cuisine,
D'occupants collés au plafond,
Prêts à te tomber sur l'échine".
Comment ai-je franchi le seuil,
Sans même abaisser la poignée ?
Qu'importe ! Un comité d'accueil
Présidé par une araignée
Me fit les honneurs du logis,
Prenant d'assaut le secrétaire,
Grouillant ici sur un tapis
Et fusant, là, d'un lampadaire.
Sur la pâleur de tous les murs
Se pressaient d'étranges olives,
L'air était rempli de points durs
Décrivant des hachures vives,
Tandis qu'un nid alvéolé
Suspendu près d'une fenêtre
Vrombissait, tout auréolé
D'une odeur âcre … Ô disparaître !
Mon cauchemar s'est échoué
Contre la rive de l'aurore
Où mourait un cri enroué
Dont je tremble et frémis encore.
Ce n'était donc qu'un peu de nuit,
Qu'une terreur évanescente …
Mais … quel pouvait être ce bruit,
Ce froissement d'onde naissante ?
Ils étaient là, sur mon balcon,
Punaises, frelons, mouches noires,
Comme montant d'un puits profond
Ou s'éveillant de vieux grimoires …
Le réel avait donc fondu ?
La vie s'était donc disloquée ?
Quelle sorcière avait pondu
Cette pendule détraquée ?
Voici venir des temps nouveaux
Dont l'impudence inassouvie
S'acharne à livrer au chaos
L'ordre, la grâce et l'harmonie.
C'est la vraie, l'authentique histoire
Que mon esprit vient d'inventer,
Aussi jurez-moi de me croire !
Comme je ne savais pas où
Passer mes prochaines vacances,
J'ai fait un rêve, et tout-à-coup
J'ai pris le train de mes errances
Qui avançait les yeux fermés
Sur une voie rêche et revêche,
Entre les troncs gris et ridés
D'une plaine à l'haleine sèche.
Le train me jeta tout de go
Dans une gare de poussière,
Sur un sol dur au front si chaud
Que s'évaporait la lumière.
Je suivis d'un pas sans ailleurs
Les craquelures de la route
Où sombraient mes jours les meilleurs,
Hérissés des ronces du doute.
J'atteignis le pays final,
Le dernier pont, la terre ultime,
Et d'un appartement banal
J'allais faire un havre sublime.
Mais ce pays, c'était le mien,
Et ce logement ordinaire,
C'était tout simplement le mien
Qui m'attendait, l'air débonnaire.
Je tenais les clefs dans la main,
Mais plutôt que d'ouvrir la porte,
Elles fredonnaient ce refrain :
"Ici te guette une cohorte
D'ennemis sous le paillasson,
D'envahisseurs dans la cuisine,
D'occupants collés au plafond,
Prêts à te tomber sur l'échine".
Comment ai-je franchi le seuil,
Sans même abaisser la poignée ?
Qu'importe ! Un comité d'accueil
Présidé par une araignée
Me fit les honneurs du logis,
Prenant d'assaut le secrétaire,
Grouillant ici sur un tapis
Et fusant, là, d'un lampadaire.
Sur la pâleur de tous les murs
Se pressaient d'étranges olives,
L'air était rempli de points durs
Décrivant des hachures vives,
Tandis qu'un nid alvéolé
Suspendu près d'une fenêtre
Vrombissait, tout auréolé
D'une odeur âcre … Ô disparaître !
Mon cauchemar s'est échoué
Contre la rive de l'aurore
Où mourait un cri enroué
Dont je tremble et frémis encore.
Ce n'était donc qu'un peu de nuit,
Qu'une terreur évanescente …
Mais … quel pouvait être ce bruit,
Ce froissement d'onde naissante ?
Ils étaient là, sur mon balcon,
Punaises, frelons, mouches noires,
Comme montant d'un puits profond
Ou s'éveillant de vieux grimoires …
Le réel avait donc fondu ?
La vie s'était donc disloquée ?
Quelle sorcière avait pondu
Cette pendule détraquée ?
Voici venir des temps nouveaux
Dont l'impudence inassouvie
S'acharne à livrer au chaos
L'ordre, la grâce et l'harmonie.
A partir d'une réalité constatée, la prolifération sous nos latitudes d'espèces envahissantes qui n'ont pas de prédateurs naturels, j'ai eu recours au registre
du cauchemar afin de pointer quatre fléaux :
- Les conséquences de plus en plus visibles des dérèglements climatiques provoqués par l'abus que l'homme a fait des richesses naturelles ;
- La souffrance psychique et vitale de l'être, qui peut aller jusqu'à la destructuration de la personne ;
- La confusion des repères anthropologiques et éthiques, que d'aucuns réintitulent "déconstruction des stéréotypes" (sic) afin de se donner le beau rôle ;
- La progression, d'autant plus dangereuse et angoissante qu'elle est sournoise, de l'"hydre islamiste" qui, en commençant par les banlieues, ces "territoires perdus de la République", a entrepris une opiniâtre conquête du pouvoir. Je ne dis pas cela au hasard, je m'appuie sur un livre paru en janvier de cette année, "Les émirats de la République" de François Pupponi, ancien maire (PS) de Sarcelles, aux Editions du Cerf ... Clairvoyant et glaçant !
du cauchemar afin de pointer quatre fléaux :
- Les conséquences de plus en plus visibles des dérèglements climatiques provoqués par l'abus que l'homme a fait des richesses naturelles ;
- La souffrance psychique et vitale de l'être, qui peut aller jusqu'à la destructuration de la personne ;
- La confusion des repères anthropologiques et éthiques, que d'aucuns réintitulent "déconstruction des stéréotypes" (sic) afin de se donner le beau rôle ;
- La progression, d'autant plus dangereuse et angoissante qu'elle est sournoise, de l'"hydre islamiste" qui, en commençant par les banlieues, ces "territoires perdus de la République", a entrepris une opiniâtre conquête du pouvoir. Je ne dis pas cela au hasard, je m'appuie sur un livre paru en janvier de cette année, "Les émirats de la République" de François Pupponi, ancien maire (PS) de Sarcelles, aux Editions du Cerf ... Clairvoyant et glaçant !
