L'aveugle et le banyan
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Sous les feux violents d’un midi pacifique,
Corps à même la sèche écorce d’un ficus
-Une baleine en bois, un banyan magnifique-
Aveugle, tu t’endors aux ors que tu vécus.
Tonitruant azur, sa source jaunifique
S’étoile en mille rus et les fleurs d’hibiscus
Sont autant de rubis quand l’image nymphique
Se livre à ton esprit vengeant tes yeux vaincus :
La sève dans le sang, les veines aux lianes,
Tes doigts touchent les mains de muses océanes
Qui promènent ton cœur près du frangipanier,
Couchent tes os lassés sous le ciel d’une hutte
Aux nuages rosés, le canaque vannier
Tresse un fil de lumière à ton âme et sa chute.
