Pas encore sénile
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Ce matin, la poésie m’a abandonné
Les rayons de soleil illuminent mes larmes.
Les rimes ne sont plus là pour tout façonner,
Ma muse s’est échappée, déposant ses armes.
Les rayons de soleil réchauffent mon jardin,
Les chants d’oiseaux accompagnent ce renouveau.
Les couleurs multiples, jeune fleurissement,
Réveillent ce qui se perd en cet écheveau.
Une coccinelle égaie mon regard perdu,
Je ne puis calculer son âge sans ses points,
Car hélas! elle aussi ne m’a pas attendu.
Je reste seul pour divaguer dans tous les coins.
Je ne cueillerais pas mes magnifiques roses
Elles ont perdu tous leurs somptueux pétales.
Je suis las d’être confiné toujours en pose
En quête d’un tout petit contact amical.
Mon grand âge m’emprisonne de ses périls,
Ils ont pris à mon vieux cœur le droit de rêver.
Néanmoins, je ne suis pas encore sénile
J’ai toujours un besoin impératif d’aimer.
Qu'advienne de cette triste mésaventure
Je chercherais encore et encore les mots,
Sans jamais m’aliéner aux moindres conjonctures
Je composerais sans cesse comme un marmot.
Daniel Lefebvre
31.05.2020
