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Les âmes mortes
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Les cyprès se courbent en pieux repentants
Sous un ciel farouche qu’écartèlent les vents,
Un sentier incertain aux écailles de cendre
Se meurt dans le lointain comme un souvenir tendre.

Le clocher livide hulule sa complainte
Et chasse vers la nuit des spectres nébuleux,
Les murs se fissurent dans une angoisse sainte
Quand passent les heures et leurs doigts ombrageux

Car la croix rappelle dans cet hameau maudit
Que la douleur s’étend quand minuit retentit.
Mais qui vient secouer les feuilles étiolées,

Quel écho se poursuit dans les herbes lassées,
Toi, sombre voyageur, reconnais-tu les voix
Qui hantent, du passé, cette terre aux abois?

Inspiré du tableau du merveilleux peintre montois, Marcel Gillis : Les cyprès noirs, malheureusement invisible sur la toile (du net s'entend).

© Poème posté le 28/05/2020 par Banniange

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