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La fortune de l'énéniste...
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Une marquise ayant des nuits insomniaques
Voulant un lit bien fait favorable au repos
Manda un ébéniste artiste du rabot
Pour sculpter une couche quasi paradisiaque. 

Elle eut des exigences, haut sur pieds la voulut,
Donc éloignée du sol (elle aimait l’altitude)
C’était une marotte ou bien une habitude
L’ ébéniste obéit et reçut ses écus.

Ainsi pour accéder à ce lit en hauteur
Il fit deux escabeaux aux marches bien pratiques
Le  vieux marquis montait sans grande gymnastique
Et puis s’y reposait dormant comme un sonneur.

Mais il ronflait si fort qu’il gênait la marquise
Elle passait alors sous le lit haut perché
Pour retrouver un page qui s’y étant caché
Dévoilait à la dame toute sa gourmandise.

Avec tout le silence que requérait la chose
La marquise du page épuisait la vigueur
Quand elle sentait venir un début de langueur
Elle remontait dormir sans insomnie morose

Qui répandit le bruit je ne saurais le dire ?
Mais l’ébéniste fut bien souvent au labeur
La noblesse ne voulut que des lits en hauteur
L’artisan besogneux put enfin s’enrichir.

Les dames de l’époque parlant de la lecture
Disaient qu’elles tournaient les pages étant au lit
Que le meuble élevé était bien plus joli
Qu’il permettait l’accès à diverses cultures

En ces années heureuses aux nuits de doux émois  
Les dames firent poser appuyés sur les murs
De grand trophées cornus à coté des armures
Ventant de leurs maris les sylvestres exploits 

Être page devint un poste d’importante
Si l’on était vaillant savant en friandises
On était adopté par diverses marquises
Aimant user des pages avec persévérance.

Certains voulurent trouver un signe de culture
Dans ces pages tournés de diverses façons 
La page au féminin fut la contre-façon
Qui mit un chaste voile sur d’étranges luxures.



© Poème posté le 18/05/2020 par Rimatouvent

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