Les rivières pourpres.
Les rivières pourpres sans noms
Traversent nos rêves boueux hors saison.
Les rares plaisirs fugaces s’abandonnent
S’évanouissant en des vapeurs d’alcool.
Les troubles s’installent dans la ville folle.
Ils s’étouffent, vampirisant le peu de vie,
Couchée sur une mort vorace par envie
Au visage crispé d’une vive douleur vitriole.
Il prend une balle en pleine tête,
Léchant au sol de sa langue sèche
Son sang coagulé au bitume craquelé.
L’espoir coule aux caniveaux cannelés.
Distraire l’enfant de mauvaise graisse,
Vautré en les parfums de la paresse,
Fait choir les cathédrales de la tendresse
Sur les parvis glacés, abandonnés, sans noblesse
Au fond des rivières pourpres sans noms.
Loïc ROUSSELOT
