Oréade au bain
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Ça fait dresser le bout des seins,
Ça fait serrer la peau des fesses,
C’est fluide et droit, comme un frisson
Sous la violence des caresses ;
- Une fourmilière d’essaims !
Aux délices des tes faiblesses,
Tu t’immerges en déraison
A ces flots agités de givres,
Assise aux creux glacés des gours,
Au remous froid de quelque vasque
Qui perce l’eau de ses ajours,
Nymphe, sœur des elfes ou guivre,
Ondine dont les membres gourds,
Transcendés par l’esprit fantasque
D’une âme féale aux sommets,
Frémissent d’aise à la morsure
De ces torrents amis des monts
Que la fée arpente et mesure,
Et goûte comme aux meilleurs mets,
Sans hésitation ni censure,
Loin des faunes et des démons…
Ça fait durcir les aréoles,
Passer du carmin vers le blanc,
Du corps toujours jeune - et mythique -
Souple, dessus et sous le flanc,
Toutes tes douces lèvres folles
Où circule, encor chaud, le sang ;
-Turgescences que rien n‘étrique…
