La soie des roses
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Avec les couleurs des grands jours,
On marche inspiré vers l’amour
Coupant la lande et les bruyères,
On est un peu barde ou trouvère :
Dans le chant de vents favorables
Glissent des notes admirables,
On est d’audace et de conquête
Fervent roi de l’instant, poète.
Avec les taches des longs soirs,
Aux bras usés du désespoir,
Prostré on contemple la route
Aux bornes marquées de déroutes.
Mais de vains pleurs à un sourire,
Un simple regard peut suffire
A rallumer d’un clair printemps
Un jardin en hiver dedans.
Ainsi de fil cassant d’argent
Se brode fragile l’instant
Et nos destins frêles se posent
Sur la soie mortelle des roses.
