L’astrée
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Tout l’espoir de paille
Qui vient et que vaille,
Si la vie est joie,
Le trille qui raille
Aux buissons où bruit
L’oiseau, dont m’instruit,
Par des pépiements
Le fouillis d’un nid.
L’émoi, c’est la voie
Qu’au soleil déploie
L’amère enivrance
- Tout futur est proie.
Matin, si tu mens !
- Contreventements -
Béquilles d’amour,
Illusions d’amants..
Quand tout devient rance
Au rouge garance
De ce soir si proche
- La désespérance -
Rien n’est, que le jour
Battant son tambour,
N’occulte de nuit
Douce - et dur retour.
L’existence accroche,
Et dure est sa roche ;
Rien qui ne la trousse,
Qu’elle est belle ! Et moche.
Sonne l’heur qui nuit :
Ce trou que l’on fuit
S’ouvre à chaque pas,
Précède et nous suit.
Mais qui veille, ruse !
Pour autant qu’on creuse :
Aimer plus qu’un autre ?
L’idée est abstruse !
Grâce à tes appas,
Tu me décrispas ;
Esprits et rondeurs ;
Etre est un repas !
- Sur l’arbre je prends
La pêche du temps,
Le bonheur du fruit,
Ses sucs odorants.
- Sur l’arbre je cueille
Des fruits, et la feuille
Est déjà si rousse !
- S’éveille que veuille -
… Un matin de mai,
Dans les chants du geai,
L’Astrée et Gavroche
Voient un rayon vrai…
