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Je me tais
1

I
L’ami est foyer
En ma demeure
Je m’abreuve de visages
Je me tais
Je cherche mon visage
Sur les murs signés de la nuit
Je cherche un osier souple
Ou mettre mon linge déchiré
Par la magie des mots
Et la force du miroir
Je jette mon corps
En pâture à l’infini

II

Ils déposent leurs regards
Sur tous les murs du monde
Leurs mots ont la saveur du cri
Leurs mots portent l’échec de leurs mains
Dans l’étoffe du passé
Leurs mots s’éclaboussent
Contre les yeux fanés
Ils mettent des roses
Dans les parterres de leurs pas
Les nourrissent de leur sang
Font le geste de lancer l’espoir
Sur de nouveaux chemins
Ils s’injectent des romans -photo
Dans le cœur
Oublis ou meurent de chagrin

III

Vois l’Homme lécher la mort en chaleur
Des bouquets de sang chauds
Etre jetés dans le fleuve des jours
Des couteaux égorger le silence
Des corps se prendre et se planter
Des cris sous la peau
Vois les chemises des horizons
Débraillées, ouvertes
Sur des torses de fumée et de sang
Vois aussi des enfants nus mousseux de sommeil
Dans les bras de leurs mères heureuses et fières

IV

Des lumières poussent dans ses yeux
Il marche sur les bras du silence
Il déploie de ses mains mille oiseaux
Il est seul et unique
Parmi les innombrables vagues
Il prend ses racines dans la terre
Ses bras à d’autres bras s’unissent
Ses mains à d’autres mains
Son esprit à d’autres esprits

V


Nous ne sommes qu’une prière
Dans le royaume de l’éphémère
Ephémères, les flaques d’eau
Faites à quatre pieds
Si près les uns des autres
Ou dansent les serments endiamantés
Ou dansent déjà les adieux
Ephémères, les mots
Glaces à l’orange
Que l’on déguste
Assis dans l’été
Et ceux que l’on jette
Dans le domaine des oiseaux
Pour prendre à témoin
Les arbres séculiers
Ephémères aussi
Les coups de gueules
Contre l’ordre de misère
Nous sommes des vasques
Ou les gouttes d’eau rassemblées
Disparaissent silencieusement
Comme la rosée du matin
Dans les doigts du soleil
poèmes du cycle d'avant

© Poème posté le 10/11/2019 par Hurlevent

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