Lespoetes.net

La poésie sur internet

Précédent Suivant

Je veux être le chef !
1

Un jour se produisit, chez une femme ? un homme ?
Entre éléments vitaux, une prise de bec,
Chacun se voulant chef, vernis leur air bonhomme,
Du corps qu’il conduirait tel patron de chebek.

« Je veux être le chef ! » dit la substance grise,
Ses atouts le neurone et les connexions
D’au moins un billiard pour asseoir son emprise,
S’imposer sans concours ni contestations.

« Je veux être le chef ! » fut, écho, la réponse
D’un muscle palpitant, star, vedette, le cœur,
Son argument-massue, âme de pierre ponce,
Faire primer boum ! boum ! du vivant le marqueur.

« Je veux être le chef ! » rétorqua de plus belle,
Dans cage thoracique, un soufflet, le poumon,
Pour ne point manquer d’air, modèle l’isabelle
Dansant haut dans l’éther la salsa du démon.

« Je veux être le chef ! » jura, non ambiguë,
Une dextre cuiller parce que, grâce à moi,
Le travail à la pelle empêche crise aiguë
Menant aux quatre-arpents où n’a plus cours l’émoi.

« Je veux être le chef ! » insistèrent gambettes,
Règle « En marche ! » annonçant musardises, exploits,
Avant que le rachis ne se livre à courbettes
Et renifle le sol, ordres d’infuses lois.

« Je veux être le chef ! » renchérit, braiement d’âne,
Minus, l’œil de Gabès, rêvant aussi d’honneurs,
Invoquant, ventrebleu ! mise au rancart qui damne,
D’embûches force lots, piéges jamais mineurs.

De bois vert la volée, oh ! ne se fit attendre
Contre l’oignon de merde, outil ne valant rien
Selon nos vils censeurs, critique guère tendre,
Pareils leurs coups de gueule à jurons de vaurien.

C’est illico presto que vint la contre-attaque :
Notre anus conspué, l’ire au top, se ferma,
Des opposants le clan frisa l’ultime attaque,
Santé plus qu’altérée, un sacré cinéma !

Dès lors, à l’as de pique, accord parfait, l’on donne,
Convoités tant et plus, bien bas le couvre-chef,
– Haute distinction, faveurs de la Madone –
Les titre, galon, grade, en lettres d’or, de chef.

Miracle ! Enchantement ! l’être, en chaque partie,
Retrouve l’énergie, en chœur, à l’unisson,
Seul, unique dessein : du tunnel la sortie,
Enfin renaît la vie, un bienfait la leçon.

Il n’est pas que ce cas à l’échelle du monde,
Où nombre trous du cul ont le pouvoir en main,
Ce qui n’empêche pas, leur gouvernance immonde,
De tourner notre Terre, en ce moment, demain.


Le 21 juillet 2019.
Création d’après une lecture partagée sur Facebook.

© Poème posté le 22/07/2019 par Stapula

...
× Illustration agrandie