Le chamane
5
Ce matin près de la source
La Terre-Mère a frémi,
Et le soleil dans sa course
A semblé soudain saisi.
Là-bas, sur la lente plaine
Où paissent les grands troupeaux,
Le vent siffle à perdre haleine,
Et le vol fou des oiseaux
Qui tombent sur leurs proies nues
Déchire l'éclat du jour
D'un trait dont les vastes nues
Ont transpercé le sol lourd.
Près du camp, près du village,
Le chamane a écouté
Le temps et lu le présage
Dans le silence scruté.
Paré de couleurs superbes,
Il a longtemps préparé
Le feu qui brûle les herbes,
Bu le breuvage sacré
Où bouillonne et tourbillonne
La profondeur des rochers,
Où retentit et résonne
Le lointain des trépassés.
Les tambours se sont faits danse,
L'air lui-même s'est fait cri,
Et au plus fort de la transe,
Alors qu'il était ravi
En d'éternelles vallées
Fermées à d'autres qu'à lui,
Le chamane a vu, contées,
Les aurores de la nuit :
Il a vu la route amère,
Le long cycle à parcourir
Dans le ventre de la Terre
Pour vivre et ne plus mourir.
Le feu baisse entre les pierres
Et s'apaisent les clameurs
Qui montaient des gorges fières
Des guerriers et des chasseurs.
Le jour baisse sur la plaine
Et referme les senteurs
Dont la source, ample et lointaine,
A embrasé les danseurs.
Le chamane se retire,
Le présage est accompli,
Et dans le soir qui soupire,
La Terre-Mère frémit ...
La Terre-Mère a frémi,
Et le soleil dans sa course
A semblé soudain saisi.
Là-bas, sur la lente plaine
Où paissent les grands troupeaux,
Le vent siffle à perdre haleine,
Et le vol fou des oiseaux
Qui tombent sur leurs proies nues
Déchire l'éclat du jour
D'un trait dont les vastes nues
Ont transpercé le sol lourd.
Près du camp, près du village,
Le chamane a écouté
Le temps et lu le présage
Dans le silence scruté.
Paré de couleurs superbes,
Il a longtemps préparé
Le feu qui brûle les herbes,
Bu le breuvage sacré
Où bouillonne et tourbillonne
La profondeur des rochers,
Où retentit et résonne
Le lointain des trépassés.
Les tambours se sont faits danse,
L'air lui-même s'est fait cri,
Et au plus fort de la transe,
Alors qu'il était ravi
En d'éternelles vallées
Fermées à d'autres qu'à lui,
Le chamane a vu, contées,
Les aurores de la nuit :
Il a vu la route amère,
Le long cycle à parcourir
Dans le ventre de la Terre
Pour vivre et ne plus mourir.
Le feu baisse entre les pierres
Et s'apaisent les clameurs
Qui montaient des gorges fières
Des guerriers et des chasseurs.
Le jour baisse sur la plaine
Et referme les senteurs
Dont la source, ample et lointaine,
A embrasé les danseurs.
Le chamane se retire,
Le présage est accompli,
Et dans le soir qui soupire,
La Terre-Mère frémit ...
