Juan del Encina
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Il m’arrive de lire les auteurs hispaniques.
Par un heureux hasard je découvris un jour
Un poète qui fit aussi de la musique
Prétendant diaboliques les choses de l’amour
Il naquit au quinzième au seizième il mourut
Donc vécut à l’époque des grands rois catholiques
De comédies, de fêtes, il fut toujours féru
De Castille il créa l’école polyphonique.
Il finit à Léon prieur de cathédrale
à Salamanque mourut, l’an en est incertain ;
Ayant à un moment l’oreille pontificale
Le pape Léon dix le fit cantor romain.
Je ne m’étendrai pas sur sa vocation
Car il fut ordonné en quinze cent dix huit
Était-ce d’un passé une orientation
Vers un besoin soudain de changer de conduite.
Il écrivit un jour un texte que je coupe
Conservant le dicton qui de l’amour médit
« L’homme est être de feu et la femme est d’étoupe
Le diable vient et souffle* ». Éternel incendie !
*= El hombre es fuego, la mujer estopa, viene el diablo y sopla (Juan Del Encina)
Si cet ensemble est diabolique
Ses feux en sont des plus plaisants
On cuit au brasier romantique
Des moments d’amour séduisants
Satan ne souffle pas en vain
Sur les tisons de l’attirance
Mais aimer est toujours divin
Cupidon en est l’assurance.
Et si quelques démons cornus
D’une autre pomme osent l’histoire
L’homme et la femme prévenus
Éviteront même déboire.
Soufflez autant qu’il vous plaira
Un vrai feu est inextinguible
L’amour qui les enchantera
Au diable sera insensible.
Et si des diablotins mineurs
D’érotisme égayent l’alliance
Ils conjugueront leurs bonheurs
Le cœur, le corps, pleins d’insouciance.
