Il a mis ses bretelles, son grand nœud papillon,
Ses chaussettes de laine et son nez vermillon,
Il attise la foule, saluant du chapeau,
Voulant, avec ardeur, boucler son numéro.
La musique est trop forte, le clown est maladroit,
Il renverse son seau une énième fois,
Frissonnant à l'instant en costume mouillé
Mais la foule poursuit son chahut sans pitié.
Le voici titubant dans ses souliers bancals,
Poursuivant le chemin des enfants de la balle…
Qui saurait dire alors où volent ses pensées,
Un clown n'aurait il droit qu'aux cris, aux quolibets?
Le clown est amoureux, il en a bien le droit,
Dune étoile en chaussons, reine de l'opéra…
Il rit obstinément mais son cœur est chagrin,
Pauvre, pauvre pantin en habit d'arlequin.
le clown est fatigué et c'est aussi son droit,
Il ôte son grimage une énième fois,
S'éteignent les lumières sur l'arène endormie,
C'est la fin de la fête, bonsoir et bonne nuit!
