Fuite
Par les crépuscules d’été transpirant d’or
Et de langueur, submergés par l’ocre des champs
Vagues, je filerai au creux des sentiers tors,
Des mirages glacés et des ruisseaux de vent.
Mon front las chatouillant le diadème étoilé,
J’explorerai des rêveries et des empires
Latents, prisonniers des larmes d’aiguail des prés ;
Ravirai des frissons, tisserai des délires,
Et nageant dans les mèches de brume dansante
Qui hantent chaque nuit des palais en errance,
Je m’enfuirai, soûlé, vers l’armée aveuglante
Des ombres, escortée des canons du silence…
