Saint-Jean, là-bas, repose...
Saint-Jean, là-bas, repose, embrumée et tranquille ;
Un beau soleil d’hiver semble éveiller la ville.
J’ai beaucoup travaillé, pendant ce dernier mois,
Seul, dans mon atelier, affrontant les grands froids :
Le silence des cieux, le regard de l’abîme
Chaque instant défiaient mon élan vers la cime.
Saint-Jean, là-bas, l’ignore, en fille de son temps.
Je ne veux point aller parmi ses habitants,
Malgré l’ombre des nuits qui pèse sur mon âme,
Malgré mon fier désir de partager ma flamme,
Et ma victoire, enfin ; non, je ne le veux pas.
De leurs fêtes je sais la teneur des repas,
De leur esprit les fers, de leur cœur l’étroitesse,
De leurs langues la fourbe, et de leurs mains la graisse.
Et je n’ai pas la force, hélas, d’y faire rien,
Moi qui reviens de guerre et cherche dans le Sien
Le repos d’une étoile et son vin de lumière ;
Je suis un spectre ému revenant à la Terre.
Un beau soleil d’hiver semble éveiller la ville.
J’ai beaucoup travaillé, pendant ce dernier mois,
Seul, dans mon atelier, affrontant les grands froids :
Le silence des cieux, le regard de l’abîme
Chaque instant défiaient mon élan vers la cime.
Saint-Jean, là-bas, l’ignore, en fille de son temps.
Je ne veux point aller parmi ses habitants,
Malgré l’ombre des nuits qui pèse sur mon âme,
Malgré mon fier désir de partager ma flamme,
Et ma victoire, enfin ; non, je ne le veux pas.
De leurs fêtes je sais la teneur des repas,
De leur esprit les fers, de leur cœur l’étroitesse,
De leurs langues la fourbe, et de leurs mains la graisse.
Et je n’ai pas la force, hélas, d’y faire rien,
Moi qui reviens de guerre et cherche dans le Sien
Le repos d’une étoile et son vin de lumière ;
Je suis un spectre ému revenant à la Terre.
