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Onze Novembre
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La Boussole



Quelques objets bien ordinaires
Ont une place dans mon cœur
Certains sont presque centenaires
M’en souvenir est un bonheur.

Un peu de cuivre, un peu de verre,
Et, marquant le nord, un aimant,
Sauvèrent un beau jour mon grand père
Fait prisonnier par l’allemand.

Je voudrais dire un grand merci
À cet hessois qui égara
Dans un camp de la Germanie
Une boussole en bon état.

Elle était de petite taille
Mais mon papi en profita
Prisonnier lors d’une bataille
Il la trouva et s’évada.

La nuit il chercha en fuyant
La terre ou son cœur prit racine
Il suivit l’aiguille et l’aimant
Marcha quand le jour se termine.

Se nourrissant au pis des vaches
Où dans les champs quand il fait noir
Il marcha des nuits sans relâche
En résistant au désespoir.
Indifférent à la souffrance
Affaibli, pourtant risquant tout,
Il voulait retrouver sa France
Et combattre à nouveau chez nous.

Des évadés une médaille
Marqua son solitaire exploit
Il retourna à la bataille
La guerre ne donnait pas de choix.

Lors quand la vie a piètre cours
Et que le souci nous accable
Je pense au cadran, ce recours,
Qui fut à pépé secourable.

On ne peut taire l’altruisme
De ces vaillances d’autrefois
Les champs de croix et l’héroïsme
Dont la liberté fut le choix.

Et quand je vois sur l’étagère
Cette boussole germanique
Une émotion passagère
Salue mon aïeul héroïque.


(À Edmond : médaille des évadés puis croix de guerre 14-18, médaille militaire.
Un petit bout de grand père avec un immense courage)


© Poème posté le 09/11/2018 par Rimatouvent

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