Quand autour de l’étang les saules se recueillent
et que l'onde frissonne à force de songer,
sans doute suis-je ému que les nymphes s’effeuillent
mais ma soif est pour toi – qui pourrais émerger.
Quand – face à l’eau dormante où ta pose m’inspire –
je cherche à te baiser le front ou les cheveux,
c’est immanquablement tes lèvres que j’attire
comme s’il me fallait obéir à tes vœux.
Quand – tout en redoutant que tu ne sois un leurre –
je cherche à te baiser la paupière ou le front,
c’est immanquablement ta bouche que j’effleure
comme si tu voulais que j’en boive le fond.
Comme si tu voulais, quand l’heure est aux prémices,
nous contraindre aussitôt à l’acte de la fin
et nous priver ainsi du jeu d’être novices
et de garder en bouche intacte notre faim.
Sans doute suis-je ému que tes lèvres me veuillent
et survivent encore à la fonte du jour,
mais j’attends désormais que les nymphes m’effeuillent
et sans la moindre hâte accomplissent l’amour.
Poème écrit par
Philippe MARTINEAU
Paroles de Narcisse - VI
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Tous droits réservés © Poème posté le 30/10/2018 par Philippe MARTINEAU
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