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Utopie
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Le pouvoir est un mensonge
- il n'est qu'abus -


Le temps coulait sous le siècle nouveau.
Nul ne souffrait, tout était dans la joie,
Et des enfants heureux, qu'un monde choie,
Riaient partout – du ciel tombait de l'eau

Pure, et les lacs, les rivières, les fleuves,
Les océans, poissonneux, clairs, sacrés,
Baignaient la côte et les berges de grès ;
Gaïa soufflait ! Les consciences neuves

Transmises, fils et filles confondus,
Avaient germé pour qu'enfin l'air fût propre
A ces couchants comme à l'aurore pourpre,
Sans les poisons - maintenant qu'ils sont tus -

Dont l'abandon sauverait l'oxygène,
Renouvelé, vif de son sang marin,
Et les forêts, filtrant de leur grand rein
L'impureté et le gaz de géhenne,

Reliquat noir d'époques révolues,
Ages des morts et de la maladie,
De l'espoir nul, de la vie aplatie ,
Et du Poème aux rimes jamais lues...

Mais aujourd'hui, personne n'avait faim,
On respectait les bêtes rescapées,
Et l'on fondait les fusils, les épées,
Les tanks, l'acier de notre armement vain,

Pour en couler de fins socs de charrue ;
Et le profit, banni, devenait troc !
Seule monnaie alors admise en bloc,
L'on échangeait du temps ! Et dans la rue,

Dans la cité, le village ou les champs,
Nous vivions tous cette justice vraie,
Sans plus clouer nulle chouette effraie
Sur quelque porte – ouverte à tous les vents,

A tous les gens, l'entrée hospitalière
D'où s'échappaient des chants gais et des ris
- L'on partageait le pain, le vin, le riz -
Et mille oiseaux, dehors, nichaient au lierre...


*Au réveil, il était midi.
(*Rimbaud)












© Poème posté le 13/06/2018 par Salus

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