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Irrévocable
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A trop chercher quel goût pouvait avoir tel bruit,
Trop vouloir qu’une odeur représente un présage,
Que la douleur soit folle et vindicatif l’âge,
A préférer le vers à la pulpe du fruit,

Les oiseaux de passage, étranges et lointains,
Perchés sur une lune à la pensée obscure,
De cet œil bleu du fou dont l’iris déstructure,
Fixent le monde absurde avec de sûrs instincts

Hérissés, traduits par d’impérieuses voix
Criant « n’avancez pas ! » même au plus doux des anges,
Et malgré l’âpre envie et les désirs oranges,
Le contact se fera, peut-être, une autre fois.

Il se déshumanise ainsi plus chaque jour
Le rhapsode englué de maigres solitudes,
Car la condescendance et les sollicitudes
L’enfoncent un peu plus, et tête dans le four

Il ouvrira le gaz ; ou, trop lucide, un soir
Il verra que sa place était au bout du monde,
Que, volant, tout le reste est perdu pour l’aronde,
Qu’il est noir l’avenir
et qu’il est mort l’espoir.






© Poème posté le 07/06/2018 par Salus

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