En tant qu'enfant du siècle
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Le début de ce siècle aux échasses branlantes
Appuie de ses bras neufs sur nos torses troués.
Les saveurs défendues étaient trop alléchantes
Et les hommes trop sourds pour n’y point succomber.
Allez-vous donc entendre hurler vos cauchemars
Dans les coins oubliés de vos propres ténèbres ?
Ils ne se passe rien. Rien qui soit un départ
Loin de ces pantins morts, de ces pompes funèbres
Qui nous sont obsolètes et privées de sens
Si l’on n‘a plus que nous; miroirs de nos folies ;
Sur des écrans blafards. Voilà la quintessence ;
Nos semblables seront des paréidolies.
Et peut-être est-ce mieux , de chérir l’invisible ?
Nos idées suicidées fument sur les trottoirs
Je déambule mort, je cherche l’indicible,
Les silences figés des préambules noirs.
Et le ciel est violé ! Foudroyé par la terre
L’éternité halée presse les sous-vivants
A tenir de leurs yeux les pays et les mers
Qui s’échappent soudain des barreaux de fer blanc,
Allons nous promener, contemplons les égards
Que le monde insoumis réserve à ses maîtresses.
Ne jamais s’assoupir, rester, rester trop tard ;
Et soudain s’en aller en emportant l’ivresse !
