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Rimbaud
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Ayant extrait de chaque mot tout le nectar,
Rimé, vainqueur, le monde ; ainsi qu'un Hamilcar
Triomphe en Salammbô, quand sa fille est plus belle,
Il fit sa lyre reine – elle avait nom Cybèle -
Il lui donna la nue, au plus haut des grands cieux,
Et quand elle fut prête à surpasser les dieux,
Que de sa prose il eut fleuri la grande ivraie
Poussant par derrière elle, et jusqu'à l'empyrée,
Quand, de la poésie, on vit l'univers neuf,
Quand le miracle atteint la perfection des neuf
Muses, quand dépassé fut de l’œuf l'équilibre,
Que pour l'éternité sur la corde qui vibre,
Libre, Orphée a chanté du vers ces renouveaux,
Il jeta son épée ! Et tel qu'à Roncevaux
Roland sa Durandal, abandonna la plume
De la déesse ailée et désormais posthume
Qu'il avait immolée en ses rêves brisés,
Dans les éclats aigus des songes dégrisés,
Et percé par la Harpe ainsi qu'un personnage
De ces tableaux anciens, plein d'un chien dur, à l'âge
Où l'on émerge à peine à son destin futur,
Il a clos le festin de son talent trop pur
Et fuyant vers les cieux brûlants d'Abyssinie,

Sacrifia sa vie - et l'histoire est finie -





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© Poème posté le 15/04/2018 par Salus

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