Elégie
1
Mon amour et de crainte et vit dans les alarmes.
Cet amour à soi-même est plus mystérieux
Que tout amour de chair que font naître tes charmes
Et je ne puis jamais te regarder aux yeux
Que mes yeux aussitôt ne s'emplissent de larmes.
A peine j'ai laissé tes lèvres et ta main
Trouvant la solitude en retrouvant la rue
Je porte un cœur trop lourd tout le long du chemin
Je sens à chaque pas une tristesse accrue
Qui se bâtit d'ennui tout un noir lendemain.
Morne et tout absorbé dans mon enfer étrange
Je vis en apparence et fais ce que je dois
Je mâche un goût de cendre en tout ce que je mange
Et si l'on vient troubler mon songe de ta voix
Je hais l'homme qui parle au chagrin qu'il dérange.
A peine je te quitte un autre va jouir
Des biens que j'abandonne au bruit sec de ta porte,
Je sais qu'à d'autres yeux tu vas t'épanouir
Je vous vois, je gémis, l'amertume l'emporte
Et toute force en moi se sent évanouir...
Alors le souvenir du léger paysage
Que voit ta chambre tendre au travers de tes fleurs
M'est un poison du cœur dont mon cœur fait usage,
Je sens ma vie étreinte et le jour fondre en pleurs
Devant mes yeux voilés qui cherchent ton visage.
Cet amour à soi-même est plus mystérieux
Que tout amour de chair que font naître tes charmes
Et je ne puis jamais te regarder aux yeux
Que mes yeux aussitôt ne s'emplissent de larmes.
A peine j'ai laissé tes lèvres et ta main
Trouvant la solitude en retrouvant la rue
Je porte un cœur trop lourd tout le long du chemin
Je sens à chaque pas une tristesse accrue
Qui se bâtit d'ennui tout un noir lendemain.
Morne et tout absorbé dans mon enfer étrange
Je vis en apparence et fais ce que je dois
Je mâche un goût de cendre en tout ce que je mange
Et si l'on vient troubler mon songe de ta voix
Je hais l'homme qui parle au chagrin qu'il dérange.
A peine je te quitte un autre va jouir
Des biens que j'abandonne au bruit sec de ta porte,
Je sais qu'à d'autres yeux tu vas t'épanouir
Je vous vois, je gémis, l'amertume l'emporte
Et toute force en moi se sent évanouir...
Alors le souvenir du léger paysage
Que voit ta chambre tendre au travers de tes fleurs
M'est un poison du cœur dont mon cœur fait usage,
Je sens ma vie étreinte et le jour fondre en pleurs
Devant mes yeux voilés qui cherchent ton visage.
Coronilla - Poèmes sans date - Edition de Fallois (2008)
