A ciascun’alma presa e gentil core
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A ciascun’alma presa e gentil core
nel cui cospetto ven lo dir presente,
in ciò che mi recrivan suo parvente,
salute in lor segnor, cioè Amore.
Già eran quasi che atterzate l’ore
del tempo che onne stella n’è lucente,
quando m’apparve Amor subitamente,
cui essenza membrar mi dà orrore.
Allegro mi sembrava Amor tenendo
meo core in mano, e ne le braccia avea
madonna involta in un drappo dormendo.
Poi la svegliava, e d’esto core ardendo
lei paventosa umilmente pascea :
appresso gir o ne vedea piangendo.
$$$$$$$$$$
À chacune âme éprise et gentil cœur
Devant lequel parvient le chant présent,
Afin qu’ils me renvoient leur sentiment,
Salut, au nom d’Amour, notre seigneur.
Déjà les heures étaient à leur tiers chœur
Et le ciel des étoiles tout ardent,
Quand Amour m’apparut subitement,
Dont la mémoire encor me fait horreur.
Allègre me semblait Amour tenant
Mon cœur en main ; il avait dans ses bras
Madame enveloppée de draps, dormant.
L’éveillant, repaissait du cœur brûlant
Doucement, la craintive en ses appas.
Puis s’en aller je la voyais, pleurant.
nel cui cospetto ven lo dir presente,
in ciò che mi recrivan suo parvente,
salute in lor segnor, cioè Amore.
Già eran quasi che atterzate l’ore
del tempo che onne stella n’è lucente,
quando m’apparve Amor subitamente,
cui essenza membrar mi dà orrore.
Allegro mi sembrava Amor tenendo
meo core in mano, e ne le braccia avea
madonna involta in un drappo dormendo.
Poi la svegliava, e d’esto core ardendo
lei paventosa umilmente pascea :
appresso gir o ne vedea piangendo.
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À chacune âme éprise et gentil cœur
Devant lequel parvient le chant présent,
Afin qu’ils me renvoient leur sentiment,
Salut, au nom d’Amour, notre seigneur.
Déjà les heures étaient à leur tiers chœur
Et le ciel des étoiles tout ardent,
Quand Amour m’apparut subitement,
Dont la mémoire encor me fait horreur.
Allègre me semblait Amour tenant
Mon cœur en main ; il avait dans ses bras
Madame enveloppée de draps, dormant.
L’éveillant, repaissait du cœur brûlant
Doucement, la craintive en ses appas.
Puis s’en aller je la voyais, pleurant.
Vita nuova III
