Da neigt sich die Stunde...
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Da neigt sich die Stunde und rührt mich an
mit klarem metallenem Schlag:
mir zittern die Sinne. Ich fühle: ich kann
–und ich fasse den plastischen Tag.
Nichts war noch vollendet, eh ich es erschaut,
ein jedes Werden stand still.
Meine Blicke sind reif, und wie eine Braut
kommt jedem das Ding, das er will.
Nichts ist mir zu klein, und ich lieb es trotzdem
und mal es auf Goldgrund und groß
und halte es hoch, und ich weiß nicht wem
löst es die Seele los …
--------------------------------------------------
"L’heure gravite…"
Traduction par Maurice Betz.
Poésie, Émile-Paul, 1941
L’heure gravite et me saisit
de son clair battement métallique :
mes sens tremblent. Je sens : je puis…
Je tiens le jour plastique.
Rien n’était accompli avant que je le visse,
tout devenir demeurait en suspens.
Mes yeux sont mûrs et tout ce qu’ils désignent
comme une fiancée vers moi s’en vient.
Pour être aimé, rien ne m’est trop petit.
Grand, sur fond d’or, je l’enlumine,
et le célèbre, afin qu’à je ne sais qui
l’âme en frémisse…
--------------------------------------------------
Adaptation
par Tontonjacques
Au cadran s'infléchit l'heure oblique — et m'émeut
Son écho métallique et sonore ;
Tous mes sens ont frémi, et je sens que je peux
Façonner cette journée encore.
Rien n'était accompli, tout restait hésitant,
Tout était devenir en attente,
Mon regard a mûri, je vois mieux à présent,
À chacun vient un jour son amante.
J'aime chaque moment, rien ne m'est trop petit,
Je le peins sur fond d'or et de flamme ;
Et je tiens haut l'icône, et ne sais pas de qui
Elle apaisera peut-être l'âme.
--------------------------------------------------
Traduction adaptée
par Oxalys
Voici que l'heure s'écoule non sans m'émouvoir
de son clair battement métallique :
M'en tremblent les sens. Il me semble pouvoir
saisir le jour plastique.
Rien n'était encore accompli avant que je le vive,
tout devenir immobilisé.
Sous mon regard mûri voici qu'arrive
Tout ce que l'on désire, comme une fiancée.
Rien ne m'est trop petit, je l'aime cependant
et le peins en grand sur fond doré
Et le brandis tout en ignorant
De qui l'âme sera séparée.
mit klarem metallenem Schlag:
mir zittern die Sinne. Ich fühle: ich kann
–und ich fasse den plastischen Tag.
Nichts war noch vollendet, eh ich es erschaut,
ein jedes Werden stand still.
Meine Blicke sind reif, und wie eine Braut
kommt jedem das Ding, das er will.
Nichts ist mir zu klein, und ich lieb es trotzdem
und mal es auf Goldgrund und groß
und halte es hoch, und ich weiß nicht wem
löst es die Seele los …
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"L’heure gravite…"
Traduction par Maurice Betz.
Poésie, Émile-Paul, 1941
L’heure gravite et me saisit
de son clair battement métallique :
mes sens tremblent. Je sens : je puis…
Je tiens le jour plastique.
Rien n’était accompli avant que je le visse,
tout devenir demeurait en suspens.
Mes yeux sont mûrs et tout ce qu’ils désignent
comme une fiancée vers moi s’en vient.
Pour être aimé, rien ne m’est trop petit.
Grand, sur fond d’or, je l’enlumine,
et le célèbre, afin qu’à je ne sais qui
l’âme en frémisse…
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Adaptation
par Tontonjacques
Au cadran s'infléchit l'heure oblique — et m'émeut
Son écho métallique et sonore ;
Tous mes sens ont frémi, et je sens que je peux
Façonner cette journée encore.
Rien n'était accompli, tout restait hésitant,
Tout était devenir en attente,
Mon regard a mûri, je vois mieux à présent,
À chacun vient un jour son amante.
J'aime chaque moment, rien ne m'est trop petit,
Je le peins sur fond d'or et de flamme ;
Et je tiens haut l'icône, et ne sais pas de qui
Elle apaisera peut-être l'âme.
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Traduction adaptée
par Oxalys
Voici que l'heure s'écoule non sans m'émouvoir
de son clair battement métallique :
M'en tremblent les sens. Il me semble pouvoir
saisir le jour plastique.
Rien n'était encore accompli avant que je le vive,
tout devenir immobilisé.
Sous mon regard mûri voici qu'arrive
Tout ce que l'on désire, comme une fiancée.
Rien ne m'est trop petit, je l'aime cependant
et le peins en grand sur fond doré
Et le brandis tout en ignorant
De qui l'âme sera séparée.
