À une Femme
2
Tendre à qui te lapide et mortelle à qui t’aime,
Faisant de l'attitude un frisson de poème,
O femme dont la grâce enfantine et suprême
Triomphe dans la fange et les pleurs et le sang,
Tu n’aimes que la main qui meurtrit ta faiblesse,
La parole qui trompe et le baiser qui blesse,
L’antique préjugé qui meurt avec noblesse
Et le désir d’un jour qui sourit en passant.
Férocité passive, âme légère et douce,
Pour t’attirer, il faut que le geste repousse :
Ta chair inerte appelle, en râlant, la secousse.
Et l'effort sans beauté du mâle triomphant.
Esclave du hasard, des choses et de l’heure,
Être ondoyant, en qui rien de vrai ne demeure,
Tu n’accueilles jamais la passion qui pleure
Ni l’amour qui languit sous ton regard d’enfant.
Le baume du banal et le fard du factice,
L'absurdité des lois, la vanité du vice
Et l'amant dont l'orgueil contente ton caprice,
Suffisent à ton cœur sans rêve et sans espoir.
Jamais tu ne t'éprends de la grâce d’un songe,
D’un reflet dont le charme expirant se prolonge,
D’un écho dans lequel le souvenir se plonge,
Jamais tu ne pâlis à l’approche du soir.
Faisant de l'attitude un frisson de poème,
O femme dont la grâce enfantine et suprême
Triomphe dans la fange et les pleurs et le sang,
Tu n’aimes que la main qui meurtrit ta faiblesse,
La parole qui trompe et le baiser qui blesse,
L’antique préjugé qui meurt avec noblesse
Et le désir d’un jour qui sourit en passant.
Férocité passive, âme légère et douce,
Pour t’attirer, il faut que le geste repousse :
Ta chair inerte appelle, en râlant, la secousse.
Et l'effort sans beauté du mâle triomphant.
Esclave du hasard, des choses et de l’heure,
Être ondoyant, en qui rien de vrai ne demeure,
Tu n’accueilles jamais la passion qui pleure
Ni l’amour qui languit sous ton regard d’enfant.
Le baume du banal et le fard du factice,
L'absurdité des lois, la vanité du vice
Et l'amant dont l'orgueil contente ton caprice,
Suffisent à ton cœur sans rêve et sans espoir.
Jamais tu ne t'éprends de la grâce d’un songe,
D’un reflet dont le charme expirant se prolonge,
D’un écho dans lequel le souvenir se plonge,
Jamais tu ne pâlis à l’approche du soir.
Recueil "Cendres et Poussières" 1902
Sources : Recueil édité par Alphonse Lemerre, éditeur - Edition 1902. Numérisé par la Bibliothèque Nationale de France.
Lien: https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k54871p/f94.item
Eté 1900. Invitée par Natalie Barney Pauline Tarn se rend au États Unis pour quelques semaines qui dureront… Six mois.
D'abord à Bar Harbor où Natalie retrouve ses habitudes - bals et flirts tandis que Pauline fuit les mondanités.
Elle en gardera un souvenir amer et un sentiment d'humiliation.
De retour à Paris en janvier 1901, elles s'installent dans un meublé et créent un "Collège de Poétesses" inspiré par Sappho.
Mais Pauline n'avait imaginé que chaque nouvelle poétesse qui les rejoindrait deviendrait une énième amante de Natalie. Elle, qui rêvait d'une relation exclusive, en fut profondément blessée.
Fragile et introvertie, elle a du mal à gérer ces conflits et la jalousie, ce qui provoque plusieurs séparations.
En Juillet 1901 Natalie repart aux états Unis. Pauline refuse de l’accompagner.
Fin octobre, Pauline quitte l’appartement qu’elle partageai pour s’installer dans l’immeuble où elle a vécu enfant et refuse de revoir Natalie lorsque celle-ci est de retour à Paris.
En 1902 elle publie "Cendres et Poussières"
Sources : Recueil édité par Alphonse Lemerre, éditeur - Edition 1902. Numérisé par la Bibliothèque Nationale de France.
Lien: https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k54871p/f94.item
Eté 1900. Invitée par Natalie Barney Pauline Tarn se rend au États Unis pour quelques semaines qui dureront… Six mois.
D'abord à Bar Harbor où Natalie retrouve ses habitudes - bals et flirts tandis que Pauline fuit les mondanités.
Elle en gardera un souvenir amer et un sentiment d'humiliation.
De retour à Paris en janvier 1901, elles s'installent dans un meublé et créent un "Collège de Poétesses" inspiré par Sappho.
Mais Pauline n'avait imaginé que chaque nouvelle poétesse qui les rejoindrait deviendrait une énième amante de Natalie. Elle, qui rêvait d'une relation exclusive, en fut profondément blessée.
Fragile et introvertie, elle a du mal à gérer ces conflits et la jalousie, ce qui provoque plusieurs séparations.
En Juillet 1901 Natalie repart aux états Unis. Pauline refuse de l’accompagner.
Fin octobre, Pauline quitte l’appartement qu’elle partageai pour s’installer dans l’immeuble où elle a vécu enfant et refuse de revoir Natalie lorsque celle-ci est de retour à Paris.
En 1902 elle publie "Cendres et Poussières"
