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Graine d’amour



poème 92.

Ô toi, si loin de mes regards, c’est à Dieu que je te confie.
Tu m’as brûlé l’âme, pourtant moi, je t’aime plus que ma vie.
Tant que je ne tirerai pas le pan de mon linceul sous terre,
Ne crois pas que j’ôte ma main du pan de ta robe légère.
Laisse-moi voir l’arcade sainte de tes sourcils : au petit jour,
J’étendrai les bras pour prier et les mettre autour de ton cou.
Même si je dois m’adresser à l’ange déchu de Babel,
Je ferai cent tours de magie pour te ramener, ô ma belle !
Je voudrais mourir avant toi, ô mon médecin infidèle !
Vas donc ausculter ton patient : je suis dans une attente telle !
J’ai fait ruisseler de mes yeux sur mon sein cent ruisseaux de larmes,
Pour arroser les grains d’amour que je sèmerai dans ton cœur.
Le Bien-Aimé versa mon sang me sauvant des peines de cœur :
Voici ton clin d’œil assassin qui me transperce comme une arme.
Mais je pleure, et mon seul désir, au sein de ce torrent de larmes,
C’est de pouvoir semer en toi la seule graine de l’amour.
Sois généreux ! Reçois-moi donc, pour que, dans l’ardeur de mon âme,
Mes larmes tombent à tes pieds, comme des perles tour à tour.

pp. 97-99.
extrait du recueil

"L'amour, l'amant, l'aimé"
(Traduction)
Vincent-Mansour Monteil

Date de parution juin 1999

Editeur Sindbad-Unesco Actes Sud

Collection Bibl.persane

Nombre de pages 321


© Poème posté le 14/06/2024 par Kerdrel

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