À Etienne Charavay.
Cette relique exhale un parfum d’élégie,
Car la reine d’Écosse, aux lèvres de carmin,
Qui récitait Ronsard et le missel romain,
Y mit en la touchant un peu de sa magie.
La reine blonde, avec sa fragile énergie,
Signa Marie au bas de ce vieux parchemin,
Et le feuillet heureux a tiédi sous la main
Que bleuissait un sang fier et prompt à l’orgie.
Là de merveilleux doigts de femme sont passés,
Tout empreints du parfum des cheveux caressés
Dans le royal orgueil d’un sanglant adultère.
J’y retrouve l’odeur et les reflets rosés
De ces doigts aujourd’hui muets, décomposés,
Changés peut-être en fleurs dans un champ solitaire.
Poème écrit par
Anatole FRANCE
Sur une signature de Marie Stuart
In Les poèmes dorés
1868
1868
Tous droits réservés © Poème posté le 20/09/2023 par Rickways
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