Plutôt le vol de l’oiseau qui passe sans laisser de trace,
que le passage de l’animal, dont l’empreinte reste sur le sol.
L’oiseau passe et oublie, et c’est ainsi qu’il en doit être.
L’animal, là où il a cessé d’être et qui, partant, ne sert à rien,
montre qu’il y fut naguère, ce qui ne sert à rien non plus.
Le souvenir est une trahison envers la Nature,
parce que la Nature d’hier n’est pas la Nature.
Ce qui fut n’est rien, et se souvenir c’est ne pas voir.
Passe, oiseau, passe, et apprends-moi à passer !
Poème écrit par
Fernando PESSOA
Plutôt le vol de l'oiseau
1
Alberto CAEIRO
Le gardeur de troupeaux (1914)
Le gardeur de troupeaux (1914)
Tous droits réservés © Poème posté le 05/06/2021 par Tigrou
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