Le palimpseste imparfait

Par : Tom
Il faut être inscrit et connecté pour répondre à un topic.
Avatar

Tom

Posts: 306

Membre

Ou une sorte de greffe - dans plusieurs sens du mot - sur le cerisier de Pierre. L'idée qu'en restant perché - comme le baron d'Italo Calvino - suffisamment longtemps sur la vieille échelle , on puisse écrire le Livre des livres sur l'écorce. Il suffit de gratter un peu, mais pas totalement le texte ancien. Laisser un mot, deux mots vivre leur "à nouveau" . Étymologiquement c'est ça, le palimpseste imparfait

Bon, je descends de l'échelle. Ne vous raclez pas trop le cuir. L'écorce, juste l'écorce....
Avatar

Pierre

Posts: 6100

Membre

Les corps se vident peu à peu, la sève fout le camp.
T'as beau essayer de colmater les brèches elles s'ouvrent sans cesse.
Tu colmates, tu grimpes à l'échelle pour en savoir plus mais t'es obligé de redescendre dare dare parce que ça fuit à nouveau.
La géographie s'éloigne faute de temps à lui consacrer, et puis arrive le jour où tu restes en bas, dans la gadoue.
Alors tu t'assois et t'attends. Tu grattes l'écorce pour passer le temps et tu y dessines ta géographie, tu fais passer la Seine à Bordeaux, tu ne fais plus rouler le Rhône à Arles uniquement pour faire mentir Prévert et surtout, oui surtout, tu écris bien les noms en capitales.
C'est important les capitales pour la géographie.
Avatar

Posts: 0

Membre

[Ancien membre] [Ancien membre] [Ancien membre] [Ancien membre] [Ancien membre] Oui, un pont.
Qu'on traverse avec quelques cailloux dans les chausses et quelques autres dans les poches, histoire de se créer des repères.
Avatar

Tom

Posts: 306

Membre

Les Ponts et Chaussés (bien sûr, personne ne fait jamais exprès....).

Va pour remblayer de quelques cailloux, les chemins insaisissables de l'ingénieur

Là, intervient (les repères): le géomètre, et la visée de son étrange trépied (il regarde avec ses chaussures)

Comme azimut, tombés de ses poches : une multitude de trous
Avatar

Pierre

Posts: 6100

Membre

La misère dans les poches du paletot qui devient idéal, à la Rimbaud, qui lui aussi fait repère jusque dans la corne de l'Afrique. Y cherchait-il la licorne?
Comme toujours la question est plus importante que la réponse. Une question ça ouvre l'horizon des possibles. La réponse les réduit à la plus simple expression. C'est terre à terre une réponse. Une terre de géographe, mesurée. Pas comme celle de l'écorce du cerisier, qu'on adapte aux chemins de nos pensées.
Avec l'échelle qui tourne autour, comme un soleil. Parce que la poésie peut faire tourner le soleil autour de la terre.
Posez la question: "le soleil tourne t-il autour de la terre?", on vous répondra non, et ce sera définitif, étroit, réducteur car dans votre tête, le soleil vous le faites tourner comme l'échelle autour de votre géographie...
Avatar

Tom

Posts: 306

Membre

Le géographe et le géomètre -il ressemble étrangement à Arthur Raimbrandt- ayant éludé toute décision, l'ingénieur pose au sol les quatre piles du pont et y endort son propre rêve. La question des questions, voie étroite, définitive (?) et réductrice. Il est réveillé par quatre oiseaux. Au dessus de lui une échelle où la tête se perd vers le soleil. A la recherche de l'impossible horizon. Le géomètre et le géographe, en attendant le retour de l'ingénieur, en dessinent la carte.
Avatar

Posts: 0

Membre

[Ancien membre] [Ancien membre] [Ancien membre] [Ancien membre] [Ancien membre] L’horizon se pavane en simulacre de terminaison.
Un tout petit pas de plus et il se trouve totalement modifié sous la lamelle, tout en demeurant le même, inchangé.
Fausse vérité générée d’une perception réduite –trop tout l’temps- l’horizon s’in-suffit en lui-même.
Il est réducteur de son propre potentiel.
Tous ponts, passerelles et navettes confondus.

Y’à du boulot.
Et tellement de brouillard au-delà les monts et les vaux!

Pas une échelle suffisamment haute pour atteindre la cime la plus haute du plus haut continent. Y'à du boulot... Et si peu de temps.

S'en tenir à l'écorce oui. Il le faudrait.
Avatar

Tom

Posts: 306

Membre

J'aimais bien l'échelle de Jacob, parce que seul compte l'échelon suivant, impossible de savoir où ça nous mène. Ou d'où on vient. Ces anges un peu paumés qui ne savent pas s'ils doivent monter ou descendre. Est-ce qu'il rêve encore. Qu'il cherche comment ça a commencé, faute de savoir où on va, une histoire, c'est tenter un début qui est aussi le plus éloigné, le plus enfoui. Le plus flou. Encore que.....


We can't return we can only look
Behind from where we came
And go round and round and round
In the circle game *
Avatar

Posts: 0

Membre

[Ancien membre] [Ancien membre] [Ancien membre] [Ancien membre] De l’yeuse ou du cerisier ce n’est jamais que le regard du polymathe empressé d’en finir avec le savoir qui crée l’illusion d’avancer
vers la lumière
de l’Un parfait

Je me surprends à spiraler –puisqu’ici le vol est permis- autour du banian déposé par un fly from British Airways au cœur du tarmac de Roissy
Il a la même douceur que la commode en acajou qui réfléchit les instants
Les suspensions de silence
Les secrets de ce palimpseste ( ?)
Avatar

Posts: 0

Membre

[Ancien membre] [Ancien membre] [Ancien membre] [Ancien membre] Je palinode
Je palimpseste
Comme un insecte
Fou
Et qui volette
A contre –clou
Je respirotte
Au vent séché
Je m’espinglette
Et m’enrêchis
Ça va passer
Dit la rainette
Dans son bocal
Elle verdoie
Elle cacadoigt
Et grognognotte
Tandis que moi
Je m’aspergule
A la virgule
Supplie la pluie
Qui ne vient pas
Je canicule
Au pot au noir

J’entends les cloches
Il va pleuvoir !
Avatar

Mijo

Posts: 555

Membre

Grenouille du matin et tout le tsoin tsoin ! 👋
Avatar

Pierre

Posts: 6100

Membre

Cercle de jeu et jeux du cercle, regards centrés vers ce milieu souvent alcoolisé, partir d'ici, aller de là, à l'haut de là, immuablement statique au milieu.
En faire le tour, tour d'échelle, j'y tiens. Monter dans l'arbre et regarder le tour, encerisé.
Voir de là ce qu'on a vu d'ailleurs
Et puis les couleurs, les imaginées, les déjà vues, les couleurs des gens si belles et ridées. Comme l'eau quand on la touche. Ricocher à la surface jusqu'à y sombrer. La vie, aux éclats.
Avatar

Tom

Posts: 306

Membre

La rainette prenait le chaud, sur les murs de Salamanque, un rien nostalgique du têtard. Un beau tarmac, le tronc frais sorti du coiffeur. Pas d'ombre, encore, mais quelques polymathes xylophages, qui trouvaient bien commodes les tiroirs de ses vielles branches. On y tournait un peu en rond, attendant, histoire de mettre un peu de désordre dans la régularité des cernes, le passage de Lisa Pathfinder et ses mouvements de hanches....
Avatar

Posts: 0

Membre

[Ancien membre] [Ancien membre] [Ancien membre] [Ancien membre] eLisa eLisa eLisa cherche encore des poux en sautant de hanches en anches
Rico’che au son des vibrations d’une clarinette espagnole
Allume toutes les bestioles
Des dendrobates aux lucioles
Puis patiente près des palettes
Sur un nœud, veine d’une planche
Avatar

Pierre

Posts: 6100

Membre

L'attente... Une neuvaine d'affouagé, en ces temps où chercher à se nourrir faisait la vie et que les luminions verts des lucioles ponctuaient la misère. Comme Lisa Pathfinder scintille sur nos têtes.
Tout est histoire d'échelle, et tout est à l'échelle de l'histoire.
Benny Goodman a noirci la clarinette autant que l'ébène et les palettes à xylophages, chargées de consommation ont remplacé l'unicité des productions.
Les rainettes sont encore là. Je les regarde, un peu perdu.