Je ne suis rien sans elle. Elle est ma stabilité et elle m'élève. Sans elle, mes imperfections sont des défauts et mon physique est anodin.
Sans elle je bascule dans le noir et dans l'oubli. Elle cache dans ses poches mes doutes, pour me les faire oublier; mais le soir, quand d'un geste sauvage je la dénude, ils se mêlent au flot torrentiel de la petite monnaie et s'écrasent au sol. Le son métalliques de mes doutes me rappelle à eux. Ils sont miens et je suis eux. Ils sont mon identité. Je me rappelle de ces anciens amour et je plonge dans la mélancolie à la vue de leurs corps gisants. Sans eux, je ne suis plus moi.. Mais sans elle je ne suis rien, rien de plus que moi. Je suis attiré par le puits noir et abyssal de mon identité et, pour la première fois, je courbe l'échine et je ramasse d'un geste tendre et délicat ces parcelles de rien, mes parcelles de rien. Elle, navrée de m’avoir aimée sans réussir à me sauver, a séché ses larmes et s'est déjà rhabillée.
Posté à 11h24 le 22 avril 15