La nuit fut spéciale d'une alchimie rare et d'une fille habituelle. Je reçois un coup de téléphone et je réponds avec tendresse. Pourquoi? Car sa tendresse ne s'est pas totalement détachée de moi, ni le sommeil d'ailleurs. Ma main posée sur mes yeux et mes yeux sous le soleil: je commence à reprendre mes esprits. Le café ingurgité veux m'extorquer de ma lenteur mais je résiste. Je veux profiter de cet instant de satisfaction. Car en cet instant je n'ai besoin de rien. Je suis primitif et je me comble de la simple sensation de vie et de liberté. Je me comble de ma sphère inatteignable et de laquelle j'aimerais ne jamais sortir. Oh j'aimerais tellement ne jamais en sortir !
Les gens fusent de toute part et pour conserver mon état, pour rester hors du temps et de l'action, je suis obligé de m'arrêter. Alors je m'arrête, et je me sens bien. Mon esprit est léger et mon corps déchargé de son poids est beaucoup plus agréable. Petit à petit mes yeux se rappellent de ce qu'ils voient et je glisse vers l'éveil. Des souvenirs de pensées reviennent à moi. Je me rappelle par exemple de la tâche sur ma joue, et de la même sur le col de ma chemise. Je ne m'essuie même pas la joue. Je me rappelle du rendez-vous avez l'électricien, mais rien ne presse. Je me rappelle de ma grand-mère à l'hôpital et cela me renvoit à ma tristesse. Du coup je me demande pourquoi je suis si bien alors que je devrais être si triste, et je me rappele (enfin) de cette nuit et de Claire. Claire, Claire... Claire ! J'avais oublié Claire! C'est incroyable car il y a quelques minutes je buvais en baisers son jus d'oranges pressées, et car j'ai encore sur ma peau l'empreinte de ses dernières caresses !
La nuit fut douce et brutale. D'une attraction et d'une tendresse réciproques. Comment ai-je pu oublier si vite? Je me rappelle que pour la première fois cette nuit nous avons fait l'amour en musique et je me rappelle surtout qu'elle me faisait oublier la musique. Le souvenir glorieux de cette nuit me rappelle à mon bien être, et j'en profite. Je me sens beau et fort en pensant qu'elle m'aime, car elle m'aime, et je me dis que je les aime aussi: elle et son amour.