La poésie sur internet
Votre session va bientôt expirer. Souhaitez-vous rester connecté ?
Temps restant :
Il faut être inscrit et connecté pour répondre à un topic.
Par : Capella
Je garderai longtemps comme un bon souvenir, cette journée pas comme les autres. 5H30, debout après une petite nuit à chercher le sommeil. 6H15, une à une, les voitures arrivent sur le parking du grand bois. 6H30, chacun se range calmement comme pour respecter les habitants de la forêt qui dorment encore. Quelques chuchotements, "bonjour, bonjour". Il fait doux. 6H45, on monte dans les bus qui arrivent à leur tour. Cela prend des allures de métro parisien en pleine heure de pointe. C’est plutôt marrant dans cette noirceur campagnarde. Tout le monde semble de bonne humeur et remplit d'excitation à l'idée de passer une journée unique. 7H00, nous arrivons sur la grande scène d’un théâtre nouveau pour moi. Sans être pesante, une discipline naturelle envahit l’espace comme si chacun s'était donné le mot. Les nuées de ce tout jeune printemps retardent quelque peu l'arrivée du jour. A l'intérieur de la grande salle résonante, les premiers contacts se nouent entre les personnes. - Ah tu es là aussi !!! Alors les vacances, patati patata. Tous les clubs des alentours sont représentés. Les petites rivalités naturelles semblent gommées. C'est la trêve d'un jour merveilleux où tous font corps pour porter très hautes les couleurs d’un noble sport et d'une région toute entière. 7H15, le maître de cérémonie, très élégamment vêtu en cette heure matinale, monte quelques marches et déclare d’une brève très efficace mais résumant bien cette journée "bienvenue...... merci à vous tous......faites-vous plaisir .....passez une très bonne journée" 7H30, voilà on y est. Chaque responsable lâche les dernières consignes. Le temps d'un petit café brioché rapidement avalé, je me dirige vers la personne chargée de la surveillance de l'entrée sur le parcours. Soudain j'entends mon nom. Je me surprends presque à crier alors qu'il est près de moi et en retour immédiat de mon "oui", je reçois un superbe coupe-vent gris XXL. "Wouah, la classe !!!". 8H00, nous formons un petit groupe positionnés sur le parcours. Je me retrouve au passage qui va devenir un cauchemar entre midi et deux. 8H15, nous sommes quatre, puis six, puis huit. Les consignes sont strictes. Personne ne doit aller sur la piste hippique afin de la préserver. Nous parlons des courses à venir et du comment nous allons nous organiser. Chaque spectateur se place naturellement à l'arrivée des athlètes. A ce moment, je suis impressionné par cette extraordinaire motivation qui anime ces sportifs, jeunes mais également moins jeunes. Alors que pour certains, ces championnats sont une simple étape, je pense à cette immense majorité venue de loin et peut être de là où s’arrête la terre pour vivre l'aboutissement d'un très long travail de l'effort. Quelle fierté de se dire : "j'y étais". Bref !!!! Retour à la réalité. 8H55, les derniers athlètes de la toute première course prennent place sur la ligne de départ. Il faut être à l’heure et pourtant, il y en a toujours un qui est à la traine, s'exclamant en panique, "c'est où, c'est où !!!" 9H00, musique de départ et c'est parti. Le peloton s'élance et ce mouvement de foule colorée donne l'effet d'une impressionnante mise en scène. C'est beau. Et les courses s'enchainent, très ponctuellement. Le public arrive de plus en plus. Nous, les gardes-barrière, à ce moment, nous ne savons pas encore que nous allons devoir gérer, que dis-je, nous battre et souffrir contre cette masse incessante de gens qui passe et repasse. Quelques officiels font leur tour, nous saluent et nous encouragent. C'est très aimable. 9H45, juste un petit coup de fil à la maison pour savoir si tout le monde est bien réveillé. Ça a l'air d'aller. 10H30, pendant qu’une belle jument s’attèle à faire des allers retours entre le départ et l'arrivée, l'heure de la distribution du "coupe faim" arrive. Et les courses se déroulent comme une onde de mer que l’on arrête plus. Les premiers podiums tombent avec les premières impressions des vainqueurs. C'est la fête et on est heureux. Midi arrive, je vais aux toilettes pour la seconde fois, signe annonciateur d'un léger stress qui monte en moi. La course des jeunes cadets arrive. C'est une curieuse sensation ça d'être plus stressé que celui qui va faire sa course. 13H20, je suis soudain soulagé, la course est terminée. Je mange et me désaltère un peu en écoutant les résultats. A la barrière, c'est noir d'un monde impatient de traverser pour passer de l'autre côté. Quelques athlètes restent piégés alors que leur course arrive. Le garde barrière face à moi résiste à la pression de la foule que le coup de sifflet va pourtant libérer. Ce public, pressé d’être là où il n’est pas, pense égoïstement que le dernier de la course n’en finissant pas de faire ses cinquante mètres devrait abandonner tellement la souffrance se lit sur son visage. Mais non, lui, il n'est pas là pour embêter le public, il est là pour faire son "France" et pour terminer sa course la tête haute certes mais fatiguée. 15H00, la course des « As » arrive et la pluie avec elle. Nous, qui sommes là depuis longtemps maintenant, on se dit "allez, plus que deux courses". Moi, je n'ai pas froid mais je suis quand même un peu humide. Certains spectateurs profitent de notre petite baisse de vigilance pour franchir les barrières et aller sur la piste. On s'oppose puis on laisse. Ils sont peu, une dizaine. C'est aussi leur fête. 17H00, c'est l'heure des derniers podiums et déjà la route nationale est engorgée de voitures. L'hippodrome se vide petit à petit. Les athlètes sont repartis, avec de la joie, de la tristesse, du bonheur et des images plein la tête. Moi aussi, j’en ai des images. Celles de la souffrance dans cette boue, de la détermination sur les visages, des pleurs à l'arrivée, de l'abandon sur blessure, de l'émotion du vainqueur. Mais je reste marqué par l’incompréhension de se mettre dans des états pareils. 17H45, j'ai très mal au dos comme la plupart des anonymes avec qui j’ai partagé une journée, Avec quelques-uns, je décide de rentrer à pied à travers le bois. La voiture que j'avais quitté le matin même m'attend et me ramène tranquillement. Je lui raconte tous les actes de cette journée heureuse d’exploration d’un autre monde !!!
Posté à 00h31 le 21 sept. 13
rythme bien soutenu !presque à cappella ;)Comme l'emploi du temps d'une journée , il me manque un peu plus de description ,,de ressenti ,;)
Posté à 21h47 le 17 oct. 13
Il faut être inscrit et connecté pour répondre à un topic.