Sur le banc, allongée, près du litre vidé
Elle dort bruyamment dans son odeur aigre.
On l'appelle Buvette en riant grassement.
Parfois,
De ses yeux couleur de suie
Sous la cendre des cheveux
Elle étend son regard sombre
Sur le monde, indifférent.
Dans la solitude des aubes répétées
Elle pleure son trop plein de vin
La tête tournée sur le côté
Et ça coule lentement,
En longs filets glaireux
Sur le trottoir de la vie
Où nous passons,
Compatissants.