Pour garnir une fronde
Suis tellement ronde
Qu’on n’sait pas
Par quel côté
Me ligoter
C’est pas comme mon frère
Une belle meulière
Il avait une gueule d’ange
Il a fini dans la fange
Fini à Panam en pavé
De troquet mal famé
Et cet oncle qu’était si lisse
Qu’un titi de Paris par vice
Il régalait en ricochets
On ne le revit jamais
D’un coup de barre
Il largua les amarres
De grandes funérailles
À ce vieux gemmail
On ne fit pas…
Comme attaches filiales
Le sable et l’eau, c’est l’idéal
Il y eut bien Ponce la poreuse
Et Rubis sa sœur la précieuse
Qui versèrent à son enterrement
L’once d’une larme de sang
Et quelques cousins graviers
Qui grincèrent en requiem
Sous le pied d’un quidam
Qu’importe les âmes
Et le poème
Chez nous
Les cailloux
On s’en fout
J’ai roulé ma bosse
Quand j’étais gosse
Silex ou granit
D’un gros monolithe
Jusque sur la grève
Sans la trame d’un rêve
Un soir de janvier
Je n’étais qu’une pierre
Avec son balai de bruyère
Et sa pelle le cantonnier
Me jeta en miettes
Pour garnir sa brouette
Sur le macadam
Moi Rok’am
J’ai fini en amalgame
Voici toute la poésie
D’une vie pourrie
Mais chez nous
Les cailloux
On s’en fout