Tant ont-ils la nostalgie du paradis qu'ils sont prêts à aimer, jusqu'à la passion, jusqu'au délire, des fantômes !
Que des mots électriques parcourent leur détresse, ils s'octroient des droits sur ceux qui les ont émis, comme si le poète était responsable devant une seule personne et non pas devant tous.
Lorsque le ciel pleut sur lui d'une pluie immaculée, comme des cerisiers au printemps, il y reconnaît une innocence surgie du plus noir de ses regards. Il ne la doit qu'à lui-même.
Son esprit est un amandier en fleur : réfugié dans les branches parfumées, environné d'une lumière où nul ne peut le voir, le poète apprend à ses lèvres l'hymne bruissant des abeilles. Il est né de rien.
Quand l'épeire tisse son pectoral de rosée, en travers du sentier, il bifurque : peu importe l'itinéraire, tous pour lui conduisent à l'aurore.