Odelette galante

Par : Lasource
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Lasource

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Je vais donc mouiller la chemise
Pour une Dame que j'attends :
Il faut ici que j'improvise
Un poème sur le printemps...
Comme les désirs de la belle
Sont des ordres, je m'y astreins.
(Elle a une chute de reins
Tanguant comme une caravelle...)
Avouons pourtant que je crains
Que mon faible talent l'afflige,
Eloignant l'instant du vertige
Auquel je songe avec entrain !

La comparer à une rose
N'est pas vraiment original.
Ronsard, le génial virtuose,
Sur ce point reste sans rival.
Si je cherchais pour lui complaire
À resservir ce vieux cliché,
Elle me dirait, tout craché,
Que je ne suis qu'un vain plagiaire !
Non : il me faut ailleurs chercher
Une figure évocatrice
Qui, émouvant son âme puisse
La faire de moi s'enticher...

Il paraît que c'est par l'oreille,
Ainsi qu'on pince un papillon,
Qu'on peut accéder, ô merveille,
Au tendre et convoité sillon...
Mais qui me soufflera la phrase
D'assez puissante séduction
Pour que d'une tendre éruption
Notre jeune beauté s'embrase ?
À cette seule évocation
Je la vois comme une panthère
Volcanique, au rose cratère,
Et ça me fait de l'émotion !

Allons, calme-toi, camarade :
Pour l'instant garde ton sang-froid,
Mais ne me laisse pas en rade
Lorsqu'il te faudra marcher droit !
Tantôt doit primer la prudence,
Et tantôt les gestes hardis
Qui confirment ce que l'on dit :
Tout est question de circonstance.
Ne sois pas de ces étourdis
Qui lorsqu'il faut hisser la flamme
Au mât, pour honorer la dame,
Se découvrent tout engourdis !

Passons ! Notre amoureuse cible,
Je lui dirai qu'elle est un lis,
Qu'elle en a la grâce flexible
Et rendrait jalouse Cypris...
Que ses seins blancs sont des colombes,
Aux petits becs doux à sucer.
Que j'aimerais bien caresser
Les courbes proches de ses lombes,
Ou bien sentir se hérisser
Sous l'insinuante influence
D'un doigt à la douce insistance
Quelque pétale à défroncer.

Je lui parlerai des levrettes
Dont on voit les jolis culs blancs
Aller se cacher, les pauvrettes,
Sous le thym, les membres tremblants,
Et comment les ardeurs du lièvre
Lorsque la lune est à son plein
Comblent de pénétrants câlins
Leur vulvettes prises de fièvre.
Puis j'évoquerai les félins
Leurs amours violentes, sauvages,
Leurs plaisirs haletants de rages,
Dont aucun des deux ne se plaint !

Les hormones feront le reste,
Après une flûte d'alcool !
Vite, elle enlèvera sa veste,
Sans rompre notre baiser fol.
Puis nos coeurs battant la chamade,
Nous jetterons nos vêtements
Pour devenir de vrais amants :
Champagne et non plus limonade !
Epuisés par nos jeux charmants
Nous ne dormirons qu'à l'aurore...
Tels sont les merveilleux romans
Que pour la Chère j'élabore !




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Jim

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Charmante galopinade.
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[Ancien membre] [Ancien membre] [Ancien membre] [Ancien membre] J'ai trouvé ça vraiment très bien. Un seul défaut : dans mon patois, une levrette est un chien destiné à poursuivre les lièvres.
Sinon, c'est allègre, érotique en diable, amusé, du Marot!
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Lasource

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Merci. Pour "levrette", j'ignorais ça. Mon ignorance est une chienne !