Histoire ou Légende ?
Le lieu de naissance de Carlos Gardel fait toujours l'objet d'une vive controverse, alimentée par la fierté patriotique de trois nations. Deux thèses s'affrontent. Le fait est qu'il existe un testament qui déclare Gardel né en France, mais quelques documents officiels le déclarent né en Uruguay, ce qui conduit les chercheurs à soutenir l'une ou l'autre des deux thèses.
Les deux théories
Français: Dans leur ouvrage "Carlos Gardel: ses antécédents français", Monique Ruffié, Juan Carlos Esteban et Georges Galopa apportent des pièces qui tendent à prouver que Carlos Gardel est bien né à Toulouse, le 11 décembre 1890, de la repasseuse française Marie Berthe Gardes et de père inconnu. Sa prétendue nationalité uruguayenne n'aurait donc eu qu'un seul but : lui éviter des problèmes lors de ses tournées en Europe (sa naissance française le rendant mobilisable durant la Première Guerre mondiale et, donc, passible de sanctions pour insoumission lors de ses passages en France).
Uruguayen: Selon l'enquêteur uruguayen Nelson Bayardo : "Gardel n'a pas utilisé de documents français pour régulariser sa situation, simplement parce qu'il n'était pas Charles Romuald Gardes, de Toulouse. L'histoire de désertion aurait été ourdie pour dévaloriser le 1º document de Gardel, daté de 1920, puisque jusqu'alors il ne possédait aucun document relatif à sa naissance. Les raisons profondes d’entretenir ce mystère ont vraisemblablement été motivées par le désir de permettre à Berthe Gardes, sa mère adoptive, d’accéder à l'héritage du chanteur, puisque c'était son souhait. Gardel se disait uruguayen parce qu'il était uruguayen. Ensuite, Gardel a adopté la citoyenneté argentine parce qu'il a aimé Buenos Aires et qu’il était reconnaissant et a toujours gardé un coin de son cœur pour les « amis de MA terre et de MA race ». Comme il l’a déclaré à la RCA Victor, « la France pour lui était étrangère ».
Selon les références consignées par les enquêteurs uruguayens, Gardel serait né en Tacuarembó, Uruguay, au début de la décennie de 1880 (sûrement entre 1883 et 1884), d'une union adultérine, au sein de la famille du Chef Politique de Tacuarembó : Carlos Escayola4, avec María Lelia Oliva, sa belle-sœur, âgée de 13 ans. Les caractéristiques de la dite naissance ont fait que l'enfant a été retiré du sein de cette famille et confié au soin d'une jeune fille française, Berthe Gardes. La légende de son ascendance française trouverait seulement son origine dans son testament, falsifié pour permettre à la mère adoptive de l'artiste, la dite Berthe Gardes (1865-1943), d'hériter de lui après sa mort brutale et imprévue.
Toutefois, les registres de l'état civil français conservent bien la trace d'un fils de Berthe Gardès, nommé Charles Romuald Gardès, né à Toulouse le 11 décembre 1890, des documents argentins attestant aussi de l'arrivée de Berthe Gardès et de son fils Charles à Buenos Aires le 9 mars 1893.
Mais, la découverte de documents attestant que Carlos Gardel a commencé ses études dans une école de Montevideo avant l'arrivée de Berthe Gardès et de son fils Charles à Buenos Aires, permet d'envisager une autre histoire ...
Quoi qu’il en soit, nul n'a jamais contesté le fait que Gardel ait été élevé par Berthe Gardès.
En Uruguay, de nombreuses voix réclament, en vain jusqu'à ce jour, que des analyses ADN soient effectuées pour trancher définitivement la controverse.
Durant sa vie, Gardel avait été interrogé plusieurs fois par des journalistes au sujet de son lieu de naissance, et ses réponses, surtout en Argentine, sont volontiers évasives ; toutefois, cela peut s'expliquer par son désir de flatter les sentiments patriotiques de son public argentin. Il a cependant eu cette réponse bien apte à entretenir le mystère: « Je suis né à Buenos Aires à l'âge de deux ans et demi ». Cependant, Carlos Gardel se confie plus ouvertement à des journalistes de l'Uruguay, auxquels il reconnaît à plusieurs reprises qu'il est bien né en Uruguay, et en particulier dans le Tacuarembó.
Quoi qu'il en soit, la voix de Carlos Gardel a été déclarée patrimoine de l'Humanité par l'Unesco, qui présente officiellement l'artiste comme un « chanteur argentin né en France ».
Carlos Gardel appartient donc désormais à tout le monde.
(Wiki)