Chronique d'un mec ordinaire

Par : Evemarie
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Evemarie

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Citation : Renoncer est une démarche active, positive d'affirmation et de réappropriation de soi, de son intégrité.
Jacques Salomé : Le courage d'être soi.

Alors oui, je renonce. L'écrire c'est déjà beau.

Oui, j'ai le courage d'être moi. Un être tout plat, sans aucune densité. Tout est froid triste là dans mon cœur, mon cerveau, mon corps.

Mon corps ? Me reste la séduction, l'autre façon de dire "aimez moi"

Tortiller du cul, exactement, mais ça, toutes les filles tortillent du cul.

Pétiller des yeux... Provoquer ... Cela, je peux. Pas besoin d'y adjoindre l'amour.

Je ne te dois rien. Strictement rien. C'est moi seule qui ai aimé. Je le revendique. Le plus difficile, faire mourir cet amour, accepter de vivre sans. Un amour magnifique, fort, géant, rutilant, d'une intensité !

L'amour d'une vie, le seul.

Je l'ai nourri, vu grandir, abreuvé de mes espoirs, de mes rêves, de mes désirs.

C'était effrayant d'aimer autant, c'était comme bâtir le monde. Aimer l'autre plus que moi !

Qu'importe toi, ce que tu es, ce que tu n'es pas, tu n'es pour rien.

Tu aurais pu être un type superbe.
Un athlète.
Venir d'une haute sphère sociale, d'une famille noble.
Être sans domicile fixe.
Tu aurais pu être un artiste, bohème.
Tu aurais pu être intelligent sous de grands cils ombrageux, un intellectuel.

Tu aurais pu être drôle, charmeur, parler des enfants que nous aurions, m'acheter un chien, m'offrir des nuits d'encre sans sommeil.

Tu aurais pu m'écrire, avouer que tu es d'un autre monde, un saint, un fou, un roi.

Tu aurais pu, oui, mais tu n'étais qu'un paltoquet efflanqué , l'humour rare, le cheveu avare, les yeux pers, le plaisir besogneux, le rictus aux lèvres, le genre à faire table rase avec violence, le menton fuyant, la lippe vineuse, toujours plus près de voir des éléphants roses autour de ton lit.

Ce que tu es, ce que tu n'es pas, quelle importance !

Ce n'est pas toi que j'aimais. Tu n'es rien.

C'est cet amour que j'avais pour toi, indicible, unique, luxuriant, que j'aimais. Cet amour comme je ne saurais plus jamais aimer.

Parfois quand je marche dans la rue, je sens que c'est la fin. Tu n'es rien.

Et mon amour mort, démesuré, marche à mes côtés, puis me précède, me distance, se perd dans la foule. Un si bel amour !

Et j'ai mal !

Et je crie de perdre ce bel amour unique.

Je sais qu'après je n'aimerai plus.

Ce n'était pas toi que j'aimais. Ce n'est pas toi que je pleure.

J'aimais cet amour que j'avais pour toi.

Tu comprends çà ?

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Gf

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...aimer aimer !
Vous ériez amoureuse de l’amour... ’o)
Merci pour ce texte !