L'enfance de l'art
Dans le songe, où la vie est un jeu,
A tout âge on s'agite et l'on joue ;
Sage ou vague, on envisage un vœu,
On y plonge, une main sur la joue...
Le réel, cruel pour le cortex,
Rebattra rageusement les cartes
- C'est son droit ! (texte inscrit au codex
Retrouvé dans l'antre de Descartes)
Mais l'image ! où la magie est là !
Les vieux dieux ! les idoles ! Cybèle !
L’Atlantide ! et Mu ! le Walhalla !
Et l'Amour ! que l'inconscient vêle !
Sus de chants dont la chimère échoit,
Chers chemins où le songe nous mène,
Arrachant, "Que la lumière soit",
Des lambeaux éparts, Sion, Célimène...
Quand y vaque à l'aise notre esprit
Pour en tracer cent autres méandres
Nés du sens, pour peu qu'il le comprit,
Recousu dans l'obscur de ses antres.
Flânerie intérieure tes feux
Qui font fous les falots du futile :
Fards, maintien, quotidien morne, affreux
Faustien pacte, au Profit seul utile.
Rêve éveillé relève des arts
Que fantaisie en folie enfante
Selon l'espoir d'un savoir épars
Si partagé que nul ne s'en vante !