Pétrarque
Jamais plus ta joue exquise,
Cette grâce de velours
Dont le contact fou me grise !
Jamais plus ! Les temps sont lourds
Qui s'annoncent, sans tes lèvres
Qu'une moue ensoleillait !
...Sans tes fausses façons mièvres
Sous ton vrai parfum d’œillet !
Tant d'amour et de tendresse,
Tant de sensualité,
Les mots doux que l'on se tresse,
Fiévreux, le cœur agité !
Jamais plus cette musique
Dont ta gorge s'emperlait !
Le jour, désormais mutique,
Tirera son drap de lait
Comme un suaire, ma Laure,
Ce silence de l'aurore
Qui descend sur les amants...