Ce questionnement vient-il du désir de définir ce qu'est, ce que doit être la poésie ? Comme s'il y avait des degrés de beauté, de normalité dans ce domaine ?
C'est un genre -le plus complexe, j'estime- dans le domaine de la littérature.
Prenons un autre genre qui définit le premier par exclusion, la prose : nous viendrait-il à l'idée de dire qu'un texte en prose à caractère aussi bien fictionnel que fonctionnel est obscur, hermétique, voire ampoulé par l'ego surdimensionné d'un auteur qui fait de l'épate ?
Je vais parler deux secondes de mon attitude de lecteur :
- Il m'est parfois donné à lire des textes d'une simplicité sémantique et syntaxique proche de l'univers minimaliste et qui me font grimper en l'air tant l'idée et/ou la musique sont singulières, tant elles me hérissent les poils du cœur ou de l'esprit.
- Il m'est parfois donné à lire des textes d'une simplicité sémantique et syntaxique proche de l'univers minimaliste qui me consternent autant qu'un jour sans pluie -j'aime bien la pluie-.
- Il m'est parfois donné à lire des textes aussi denses que l'univers avant le big-bang, truffés de mots tels qu'on a l'impression de lire une notice d'apothicaire, qui me montent en l'air parce qu'ils me hérissent les poils du cœur ou de l'esprit.
- Il m'est parfois donné à lire des textes aussi denses que l'univers avant le big-bang, truffés de mots tels qu'on a l'impression de lire une notice d'apothicaire, qui m'affligent autant qu'un jour sans pain -j'aime bien le pain-.
Quant à la question, en filigrane, qui semble posée concernant le "respect" du lecteur, mon avis vaut ce qu'il vaut et je n'ai pas le désir de le partager :
Ecrire -et surtout, écrire de la poésie- ce n'est pas forcément se préparer à une revue au Lido, ce qui est un sous-genre dans le Genre mais ça peut être aussi faire résonner, comme le soulignait un ou une intervenant(e) précédemment, des mots -tous ont droit de cité, même et surtout les moins accessibles à l'entendement-, de la musique et de l'émotion.