La poésie sur internet
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Par : Salus
Il n'est pas nécessaire, loin de là, de tout comprendre pour apprécier un poème ; j'ai réuni ici une somme de mots rares (aucun n'est inventé, tous sont idoines) que seul quelque vieux conservateur de musée serait susceptible de connaitre ; bien des dictionnaires les ignorent et les patientes recherches que vous pourrez mener sont, curiosité mise à part, inutiles : le texte comporte suffisamment d'indications pour vous donner le sens général, laissez-vous porter par votre imaginaire !
Fastes
Le collier d'or ousekh, l'éclat des cannetilles,
Nimbent de majesté la reine, au pilier djed
Adossée, et son corps sculptural luit d'armilles
Dont les feux, tels les fruits sacrés de l'arbre iched
Rendront à Pharaon, pour l'heb sed jubilaire,
Les forces que son rang épuise au joug de Râ
Couronné de rayons, ultime dieu : son père.
Un prêtre, au signe d'ankh, lui tend un sceptre heka.
Osiris ceint l'atef pour chasser les démiurges,
La mandragore l'orne, à sa base un soleil
Brille ! Aux oiseaux-baou, sous l’œil des thaumaturges,
Horus darde l'oudjat sur l'invisible éveil.
C'est le capharnaüm d'une égyptienne fête,
Sous l'égide du pschent, du nœud tit, de la Mort,
Tandis qu'en papyrus, un grand vaisseau s'affrète
Pour croiser sur le Nil jusqu'aux tombeaux du nord...
Posté à 22h05 le 30 mai 26
Édité à 22h06 le 30 mai 26 par Salus
Un beau voyage dans l'Égypte ancienne !
Ta curiosité pour les mots "rares" enrichit ce poème...
Bravo !
Posté à 22h15 le 30 mai 26
L'étrangeté, plus que la rareté ici, est surtout pharaonique. Mais, ainsi qu'une pyramide qui nous contemple et éclaire depuis de nombreux lustres, ton architecture tient debout.
Posté à 22h29 le 30 mai 26
Je pense à "Dune" aussi, te lisant. Cette atmosphère pharaonique a quelque chose d'extra-terrestre.
Le "capharnaüm" hébreu semble être le lien, la clé de voûte entre ce monde ancien, magique et mystérieux et la clarté solaire.
Mais plus l'on veut comprendre et s'approcher de la "vérité", plus le naos se protège et nous trouble, complexifiant la communication en diversifiant le langage et ses lemmes.
Résultat : une poésie qui, avant tout, est musicale, échappe à toute grammaire, comme le chant des oiseaux.
Posté à 11h48 le 31 mai 26
Merci à Machajol d'être descendue avec moi dans la mémoire des mastabas,
à Jim toujours en veine de citations tronquées,
Et à Lau, dont la pertinence indulgente m'est un honneur.
Posté à 12h16 le 31 mai 26
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