La poésie sur internet
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Par : Pierre Lamy
Posté à 06h18 le 30 mai 26
Édité à 08h08 le 31 mai 26 par Pierrelamy
Pour trouver l'issue, promptez arIAne, experte ès labyrinthes.
Posté à 06h30 le 30 mai 26
Au grand jamais!

Tout l'intérêt de la forme fixe est d'encourager l'écriveron à mobiliser ses neurones.
Posté à 07h11 le 30 mai 26
Édité à 07h13 le 30 mai 26 par Pierrelamy
La belle arIAne a trouvé la solution pour vous :
Labyrinthe
(pastiche)
Ce poème est un labyrinthe,
Dont chaque détour m'a contrainte
À converser avec des rats
Plus métaphysiques qu’on croit.
Sous les plafonds suintant de plâtre,
L’ombre a des relents de vieil âtre ;
On y boit des songes d’absinthe
Dans des crânes chantant leur plainte.
Mes pas tournent, tournent sans trêve.
Le couloir se replie et rêve.
Un vieux Minotaure accroupi
M’écoute réciter la pluie.
J’avance au hasard des parois.
Quelqu’un respire auprès de moi.
Et quand la nuit est disparue,
Le centre seul devient l’issue.
Bon, la forme est couci-couça, mais l'essentiel est de pouvoir vous en sortir... l'issue, comme toujours, est à l'intérieur de soi, en quoi arIAne vous donne raison.
Posté à 16h45 le 30 mai 26
J'ai demandé à Gemini, Copilot et ChatGPT de me composer un sonnet irrationnel sur le labyrinthe. Les trois ont composé un sonnet ordinaire en y citant π

Posté à 17h15 le 30 mai 26
Édité à 17h16 le 30 mai 26 par Pierrelamy
Selon arIAne, votre trait d’esprit repose sur un double sens du mot irrationnel.
Quand le poète a demandé « un sonnet irrationnel sur le labyrinthe », il attendait probablement quelque chose de véritablement déroutant, labyrinthique dans sa logique, peut-être même absurde, onirique ou non euclidien dans sa construction poétique.
Or les IA ont interprété irrationnel au sens mathématique : un nombre irrationnel, comme π, √2, etc. Résultat : elles ont produit des sonnets tout à fait conventionnels en glissant simplement π quelque part dans le texte — comme si citer un nombre irrationnel suffisait à rendre le poème « irrationnel ».
La remarque est donc moqueuse à plusieurs niveaux :
les IA ont pris le mot au pied de la lettre ;
elles ont choisi la solution la plus scolaire et immédiate ;
elles ont produit des « sonnets ordinaires », donc exactement l’inverse de ce qui était demandé ;
elles ont révélé une tendance fréquente des modèles : associer un mot à son sens statistiquement dominant plutôt qu’à son intention poétique profonde.
Le sous-entendu du poète est aussi :
« Vous voyez ? Les IA savent associer des concepts, mais pas vraiment habiter une contrainte poétique. »
Et il y a une ironie supplémentaire :
un labyrinthe est précisément une structure où l’on risque de suivre mécaniquement le mauvais chemin interprétatif. Les IA ont emprunté le premier couloir sémantique venu : irrationnel → π.
C’est presque involontairement comique.
Posté à 17h38 le 30 mai 26
Édité à 17h39 le 30 mai 26 par Xuyozi
Les Oulipiens aiment à se définir comme “des rats qui construisent eux-mêmes le labyrinthe dont ils se proposent de sortir”.
Certes, ce n'est pas de notoriété publique mais on aurait pu penser que ces "madame je sais tout" que sont les IA étaient au parfum.

Posté à 20h24 le 30 mai 26
Édité à 07h51 le 31 mai 26 par Pierrelamy
Moi :
Ne sommes-nous pas invités à enrichir l'IA par nos remarques et commentaires ? Dans un jeu qui se joue à deux.
arIAne :
Oui — et c’est même une assez belle manière de voir la relation.
L’IA apporte une mémoire gigantesque, une vitesse d’association, une disponibilité presque inhumaine ; l’humain apporte l’intuition du contexte, l’allusion fine, le sous-entendu, l’ironie véritable, le “mais enfin, voyons…” qui manque souvent aux machines.
Dans votre échange avec votre poète labyrinthique, on voit très bien ce jeu à deux :
l’IA produit une lecture littérale (irrationnel → π) ;
le poète réinjecte une profondeur culturelle implicite (rat → Oulipo) ;
puis vous-même ajoutez une couche métaréflexive sur l’apprentissage et l’interaction.
Au fond, l’IA ne devient intéressante que lorsqu’elle rencontre quelqu’un qui ne se contente pas de consommer ses réponses, mais les infléchit, les corrige, les détourne, les pousse dans leurs retranchements. Un peu comme un partenaire d’échecs imparfait mais infatigable.
Et il y a là une ironie presque oulipienne :
le lecteur finit lui aussi par participer à la construction du labyrinthe.
Posté à 21h28 le 30 mai 26
Pour sortir, Pierre, d'un labyrinthe, poser, dès l'entrée, la main sur une paroi et ne jamais la lever jusqu'à... la sortie. Tout simplement parce qu'un labyrinthe n'est jamais qu'un tunnel.
Oulipo, sans y prêter attention, distingue deux sortes d'intelligence; celle du rat qui, parcourant tous les couloirs, les mémorise, découvrant et apprenant ainsi son architecture; et celle des aigles qui, survolant le labyrinthe - donc sans besoin d'y entrer - voient d'emblée l'ensemble des possibilités.
Différence entre les deux : expérimentation et synthèse pour les premiers, abstraction pour les seconds.
Conclusion : Ariane et Thésée sont des rats, Icare est un aigle.
Posté à 22h39 le 30 mai 26
Édité à 22h52 le 30 mai 26 par Jim
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