La poésie sur internet
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Par : Xuyozi

L’un baptisé Rimbaud, l’autre appelé Verlaine ;
De source l’un Voyant, quand l’autre est en travail ;
Ménage délirant dans des amours vilaines,
D’où saillit le génie au sublime éventail.
Envoûtés sous l’Azur par les monts ou la plaine,
Dans le Monde idéal où naissent les esprits,
Ils burent le nectar à la pure fontaine
D’une Muse exaltée, folle de leurs écrits.
Le Beau suivi du Laid engagea la bataille
Des Voyelles en rire, allumées de couleurs,
Aux consonnes crispées, couronnées de douleurs.
L’avenir vous salue du fond de sa grisaille,
Poètes de lignée défunte aux vers ignés,
Soleils d’or à notre œil de sombres éborgnés.
Posté à 21h08 le 26 mai 26
Édité à 12h31 le 27 mai 26 par Xuyozi
tout y est en peu de mots
j'aime en particulier ce passage
"Le Beau suivi du Laid engagea la bataille
Des Voyelles en rire, allumées de couleurs,"
sans Verlaine, Rimbaud ne serait jamais passé à la postérité
puisqu'il a conservé ce que l'autre demandait de détruire
Posté à 09h21 le 27 mai 26
Un bel hommage à ces deux grands poètes !
Posté à 12h30 le 27 mai 26
Merci Kerdrel et Machajol pour vos commentaires.
Vous êtes peut-être tous deux curieux de savoir pourquoi Verlaine a conservé les écrits de Rimbaud.
L'IA, eh oui l'IA, qu'un d'entre vous ne semble pas apprécier, m'a fait cette réponse à la question :
Pour quelle raison Verlaine a-t-il conservé les textes que Rimbaud voulait détruire ? Par fidélité ou par esprit visionnaire ?
La question est belle, et elle mérite qu'on résiste à la tentation de trancher trop vite.
Les faits d'abord. Rimbaud a effectivement renoncé à la littérature avec une brutalité remarquable — il voulait en finir, et cette volonté de rupture était radicale, non ambiguë. Verlaine, de son côté, a conservé des manuscrits, en a transmis, en a parfois publié sans consentement explicite — les Illuminations paraissent en 1886 dans La Vogue, alors que Rimbaud est vivant et silencieux en Abyssinie.
Fidélité ? Le mot est piégé. Fidèle à quoi — à l'œuvre ou à l'homme ? Rimbaud-l'homme voulait la destruction. Conserver contre sa volonté expresse, c'est en un sens une trahison de la personne au profit de ce qu'on croit être son génie. Il y a quelque chose de possessif là-dedans : Verlaine n'a jamais réellement lâché Rimbaud, ni affectivement ni littérairement. La conservation des textes ressemble parfois moins à un acte de générosité qu'à un refus du deuil.
Esprit visionnaire ? Verlaine avait indéniablement le flair : c'est lui qui, dans Les Poètes maudits (1884), impose Rimbaud à la conscience littéraire française. Mais il faut nuancer : la « vision » de Verlaine est aussi une reconstruction. Il fabrique en partie le mythe — le poète maudit, le génie fou et fulgurant — qui sert autant sa propre légende que celle de Rimbaud. L'acte éditorial n'est jamais innocent.
Ma lecture. Je pencherais pour une troisième qualification : une appropriation affective sublimée en geste littéraire. Verlaine ne pouvait pas laisser partir Rimbaud — ni l'homme, ni l'œuvre. Conserver les textes, les publier, les commenter, c'était maintenir le lien, continuer à exister dans l'orbite de cet astre. Que cela ait eu pour effet de sauver une partie du corpus le plus novateur du XIXe siècle est réel — mais c'est presque un accident de l'histoire, né d'une incapacité au renoncement plutôt que d'une lucidité froide.
La postérité a fait de Verlaine un passeur héroïque. Il était surtout un homme qui ne savait pas lâcher.
Posté à 17h08 le 27 mai 26
Pas besoin d'IA c'est un fait avéré qui est connu pour peu qu'on ait la curiosité d'apprendre, ce fut d'ailleurs le même cas pour les écrits de Kafka...
concernant le "lâchage" Rimbaud n'a jamais non plus coupé les ponts avec Germain Nouveau avec lequel il avait partagé plus que le simple côté littéraire...
merci de ce partage
PS : j'ai beaucoup ri à la lecture du manuel Mallarméen
Posté à 17h29 le 27 mai 26
Kerdrel
J'ai eu recours au plus facile ; imaginez le temps qu'il aurait fallu pour répondre à votre simple commentaire si j'avais dû tout reprendre de zéro. En ce sens au moins l'IA peut s'avérer utile pour palier la paresse et le manque de temps qui nous presse...
Cela dit, l'IA est un outil d'apprentissage qui en vaut d'autres, si l'on a la curiosité de la consulter.
Posté à 18h00 le 27 mai 26
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