La poésie sur internet
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Par : Xuyozi
Il serait sans doute plus utile et complet comme option concernant la création assistée par l'IA
qu'un auteur puisse indiquer si l'intervention de l'IA s'applique à l'illustration seule ou dans le texte aussi. Donc deux cases à cocher selon le cas.
L'inconvénient de cette approche, c'est que ceux que l'IA horripile verraient constamment dans Tous vos écrits cette icône IA, ce qui aurait été évité si une rubrique dédiée avait été créée.
Posté à 16h28 le 02 juin 26
Xuyozi,
il s'agit d'un forum, que ce soit une illustration ou un texte, ou l'un des deux, il suffirait de le signaler.
Après la personne qui poste le topic devrait être capable d'expliquer sa démarche et compléter l'information...
Nous parlons bien sûr uniquement de celui qui poste le topic, pas des réponses que chacun apporte à ce topic.
La partie site est déjà organisée avec un système de signalement pour les illustrations, les interprétations...
Je ne suis pas inquiet, je ne pense pas qu'il y aura une majorité de topic concerné par l'IA, je pense même qu'il serait plus simple de ne pas lui faire de publicité, mais si cela peut aider certains à savoir où ils s'aventurent... pourquoi pas.
Posté à 21h29 le 02 juin 26
Édité à 21h30 le 02 juin 26 par Rickways
Ricocha
L’idée que la création authentique exige une souffrance profonde est très ancienne. Elle traverse la philosophie, la religion, le romantisme et la modernité artistique, jusqu’à devenir presque un cliché culturel du « poète maudit ». Mais cette idée n’a pas une seule source : elle résulte d’un long héritage.
Quelques grandes racines :
La maïeutique de Socrate
Le mot maïeutique vient de l’art des sages-femmes : aider à « accoucher » d’une vérité intérieure. Chez Socrate, il ne s’agit pas spécialement de douleur psychologique, mais l’image de l’accouchement porte déjà l’idée d’un effort difficile, d’un passage pénible vers une naissance spirituelle.
Le poète transpose cela à la création artistique : l’œuvre serait un enfant arraché à l’intimité de l’artiste.
Le christianisme et la valeur rédemptrice de la souffrance
La culture occidentale a longtemps associé la douleur à la vérité, à la purification et à la profondeur intérieure. L’idée qu’une œuvre gagne en « humanité » par la souffrance vient en partie de cette vision chrétienne :
souffrir rendrait plus lucide ;
la douleur dévoilerait l’âme ;
ce qui naît sans peine semblerait superficiel.
On retrouve cela jusque dans les expressions ordinaires :
« enfanter dans la douleur » ;
« payer de sa personne » ;
« le génie tourmenté ».
Le romantisme et le culte du poète souffrant
C’est probablement la source la plus directe de cette formulation.
Avec Lord Byron, Alfred de Musset, Gérard de Nerval, puis Charles Baudelaire et Arthur Rimbaud, la souffrance devient presque une garantie d’authenticité poétique.
Chez Alfred de Musset notamment :
« Les chants les plus désespérés sont les chants les plus beaux. »
L’artiste heureux paraît alors suspect de superficialité. La blessure intérieure devient un sceau de profondeur.
Friedrich Nietzsche
Même s’il critique certains romantismes plaintifs, Friedrich Nietzsche conserve l’idée que la grande création suppose une tension, une épreuve, une transfiguration de la souffrance.
L’œuvre forte ne naît pas du confort, mais d’une intensité vécue.
Sigmund Freud et la sublimation
La psychanalyse a renforcé l’idée moderne selon laquelle l’art transforme des conflits intérieurs, frustrations ou blessures en création symbolique.
L’artiste « accoucherait » d’une œuvre parce qu’il convertit une tension psychique en forme esthétique.
Le mythe moderne de « l’artiste maudit »
Aux XIXe et XXe siècles, cette idée devient presque un dogme culturel :
le vrai artiste serait
solitaire ;
incompris ;
blessé ;
excessif ;
vulnérable ;
et sa douleur nourrirait son œuvre.
Cela finit parfois par tourner à la pose esthétique ou à une valorisation romantique de la souffrance.
Mais cette idée est discutable.
Beaucoup d’artistes créent aussi :
par jeu ;
par jubilation ;
par curiosité formelle ;
par discipline ;
par amour du langage ;
ou simplement par plaisir de construire.
Johann Sebastian Bach, Wolfgang Amadeus Mozart ou Jorge Luis Borges ne correspondent pas vraiment au modèle du créateur constamment déchiré.
Et même chez les poètes dits « maudits », la souffrance réelle n’explique pas mécaniquement la qualité de l’œuvre. Beaucoup souffrent sans créer ; beaucoup créent sans souffrir particulièrement.
Cette idée de la souffrance relève donc d’une très ancienne tradition spirituelle et romantique où l’authenticité artistique serait garantie par une forme d’épreuve intérieure.
Rickways
Ainsi expliquée, votre approche me semble en effet la plus simple et la plus sage.
Posté à 05h51 le 04 juin 26
Xuyozi - Analyse et explication conventionnelles et qui me laissent sur ma faim.
En effet, il aurait été bien vu, de détailler cette méthode IA, dans le processus créatif et sa véritable teneur en matière d'innovation et de capacité à véritablement engendrer de la poésie;
A ce titre je conseille à chacun de cliquer sur le lien ci-joint:
" https://synthographie.fr/blog/chatgpt-et-llms/limites-ia/rimbaud-robot-intelligence-artificielle-poesie/"
de Ludovic Bablon, ex-écrivain devenu informaticien, et qui s'intéresse à l'IA depuis ses études en sciences de l'information. Sur Synthographie.fr, il publie des tutoriels, des tests de LLM et d'IA, et des réflexions sur l'intelligence artificielle et ses usages.
Dans cet article il nous fait part de ses observations en confrontant l'I.A. à un grand classique poétique d'Arthur Rimbaud ( Le bateau ivre), poète qui a écrit des types de textes qui, par nature, s'opposent diamétralement au fonctionnement des IA : En effet, son style se caractérise précisément par un côté farouchement étrange, l'invention de mots, l'association improbable de termes rares, des tournures de phrases parfois sophistiquées voire alambiquées, de fréquents changements de grammaire et de syntaxe, de nombreuses figures poétiques comme les métaphores ou les oxymores." et de conclure que la poésie est peut-être bien une des limites des modèles de langage, dans leur conception actuelle.
Pour asseoir sa démonstration il va donc donner à 3 des meilleures intelligences artificielles contemporaines, les deux premiers vers du Bateau ivre, poème d'Arthur Rimbaud, et leur demander de le continuer dans le même style...
L'expérience est édifiante et j'invite les poètes du site à prendre connaissance de ses conclusions...
Posté à 20h53 le 04 juin 26
Au-delà de toute considération de quelque nature que ce soit il me semble qu’il faut prendre en compte que quand l’homme écrit lui-même quelque chose il est dans la pleine délectation de son acte et pas des effets de son acte, chose que ChatGPT ne peut pas comprendre, d’ailleurs Aristote l’avait écrit : « l’homme vertueux est celui qui jouit le plus de son acte. »
On peut écrire une copie avec ChatGpt, c’est bien, on a une bonne note mais on n’a pas la délectation de son acte
En clair, quand l’homme agit, dans son bonheur, est présent à la fois, lui, sa nature et sa finalité.
Posté à 22h43 le 04 juin 26
Édité à 22h44 le 04 juin 26 par Sylvain2023
Ricocha
La démarche de votre expert est biaisée et tendencieuse, ce serait plutôt elle qui est ridicule. Il ne s’agit pas d'imiter, mais de créer en fournissant des directives claires et bien définies à l'IA, parce que le vague ne peut produire que du vague.
Aurait-on idée de demander à un chef d’orchestre d’imiter Céline Dion qui chante Mon Dieu d’Édith Piaf en ne lui fournissant que les premières lignes du premier couplet ? Pourtant le chef d’orchestre connaît tout de la musique, sauf qu’IL N’EST PAS CHANTEUR ! L’IA de la même façon n’est pas poète, il ne faut donc lui demander que ce qu’elle sait faire. Autrement, le risque et l’absurdité résident dans une demande à l’IA qui n’a pas été conçue pour la poésie, de faire de la poésie de pastiche sur demande et en allant à la pêche, en quelque sorte, bien qu’avec les bons prompts elle peut s’en tirer pas mal. Un exemple suit qui démontre qu’elle s’en sort même assez bien. Voici le prompt (et sans livrer tous mes secrets), qui aurait pu être de beaucoup amélioré (j’ai donné la directive sans toucher à rien du résultat) :
Prompt : Écris un sonnet façon Rimbaud sur le temps qui fuit vers l’éternité. (Déjà c’est plus honnête, plus sérieux et moins tendancieux que de lui dire : Imite tel ou tel poème de Rimbaud ! Et sans plus de précisions, allez, surprends-moi ! Quelle meilleure façon d’être déçu.)
L’IA :
Temps ivre
Le Temps, vieux matelot des gouffres invisibles,
Déchire au vent noirci ses calendriers morts ;
Il traîne dans la nuit des siècles indicibles
Dont les soleils noyés saignent encore aux ports.
J’ai vu fuir des étés sous des arches d’éther,
Des automnes pourris crouler dans les étoiles ;
L’Hiver, pâle assassin, jetait sur l’univers
Ses grands filets de brume et ses livides toiles.
Ô minutes de feu ! vos rapides phalanges
S’effeuillent dans le Vide où dort l’Éternité ;
Les horloges de plomb y deviennent des anges.
Et mon âme, parfois, comme un astre enchanté,
S’abîme au bleu profond des abîmes étranges
Où le Temps se dissout dans l’immobilité.
Il me semble que nous sommes loin ici des poèmes ridicules que votre expert s’est complu à livrer pour les fins de sa thèse. Sauf pour quelques vers plus faibles que les autres, je n’ai pas beaucoup à redire de ce poème artificiel. Le décompte des alexandrins n’est pas fautif, les césures sont conformes à la règle, les rimes sont riches ou suffisantes, et les images sont belles, quoique non parfaites, je le reconnais.
Pour comparaison, j’ai passé au crible de Scribblab un poème pris au hasard parmi ceux présentés par votre expert. Je n’arrive pas à croire que l’IA ait pu commettre de telles erreurs de rimes et de décompte des syllabes. Je ne peux accuser votre expert sans preuve, mais je ne suis pas loin de penser que ces poèmes ont été tendancieusement manipulés, encore une fois pour prouver ses théories sur les faiblesses de l’IA auxquelles il semble tenir mordicus. Et à trop vouloir convaincre, on finit par ne plus être pris au sérieux.
Quand je demande des poèmes à l’IA, jamais je n’obtiens de tels résultats. Pourtant, l’IA, c’est l’IA…
Le /ba/teau /i/vre /con/ti/nue /sa /route 10 F
Sans /un /sou/ri/re /sans /u/ne /pen/sée 10 F
Il /glis/se /sur /les /eaux /lent /et /las 9 M
Por/tant /a/vec /lui /ses /se/crets /et /ses /peines 11 F
La /lu/ne é/clai/re /son /che/min 8 M
Mais /il /ne /voit /pas /la /lu/miè/re /qui /len/toure 12 F
Il /est /pri/son/nier /de /son /mon/de in/té/ri/eur 12 M
Où /les /rê/ves /et /les /dou/leurs /sen/tre/choquent 11 F
Le /vent /hur/le et /les /va/gues /sa/gitent 9 F
Mais /le /ba/teau /i/vre /ne /sent /pas /la /tem/pête 12 F
Il /est /trop /oc/cu/pé /à /na/vi/guer /dans /son /cœur 13 M
Où /les /tour/ments /et /les /pas/si/ons /saf/frontent 11 F
Il /a /per/du /le /sens /de /la /di/rec/ti/on 12 M
Et /i/gno/re où /il /va /ou /ce /quil /cherche 10 F
Il /suit /sim/ple/ment /le /cou/rant /de /ses /pen/sées 12 F
Qui /le /mè/nent /vers /des /ri/va/ges /in/con/nus 12 M
Bien sûr, l’IA n’a pas non plus souffert en écrivant le poème que je lui ai demandé, donc le produit ne peut être que superficiel.
Considérez aussi ceci : Imaginez un anaw qui demande à Jésus de lui accorder la richesse. La spécialité de Jésus n’est pas l’argent, et comme il n’était pas riche, qu’aurait-il pu lui offrir d’autre que quelques pauvres shekels ? Sa spécialité à lui, c’est la douceur de l’âme, l’amour du cœur et la lumière de l’esprit. Ce qu’il faut donc demander à Jésus, ce n’est pas la richesse matérielle, périssable, mais la richesse spirituelle qui fait vivre (ou revivre) et perdure au-delà du temps. Idem pour l’IA, demandons-lui ce qu’elle a été conçue pour faire, autrement nous ne pourrons que succomber sous le poids de notre propre ignorance, et dans le pire des cas, de notre mauvaise foi.
Sylvain2023
Quel que soit l’outil utilisé, l’Homme n'est-il pas toujours maître de son acte et se son art ? Enfin, j’espère pour lui.
Et s’il est bien le maître, n’est-il pas en possession du bonheur que lui procure l’exercice de son art ?
Posté à 00h57 le 05 juin 26
Édité à 04h03 le 05 juin 26 par Xuyozi
Non.
quand l’homme écrit lui-même quelque chose il est dans la pleine délectation de son acte et pas des effets de son acte, chose que ChatGPT ne peut pas comprendre,
Posté à 11h29 le 05 juin 26
Sylvain2023
Pour Ricocha, la souffrance est le sceau de l'authenticité ; pour vous, c'est la délectation de son acte... Hmm, laissez-moi réfléchir...

Posté à 13h24 le 05 juin 26
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