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Ars Poetica Xuyoziana — I

Par : Xuyozi

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Xuyozi

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Un mot, d’abord, sur mon humble personne.

Je suis l’arrière-petit-fils du grand poète et théoricien métapoétique Xuyozi (né Xuyozi Aurelianus Zayaxa, 1873–1949). Je dois à cet illustre bisaïeul, qui eut l’insigne honneur de connaître le Maître en personne, Stéphane Mallarmé, d’avoir pu dériver ma propre vision de l’Art par excellence.

J’offre à votre curiosité un aperçu de la biographie d’Aurelianus Xuyozis (1873–1949), mon arrière-grand-père, qui a changé son nom de naissance pour d’obscures raisons politiques, mais aussi pour mieux se fondre dans la jungle littéraire sans pitié de son époque. Il fut baptisé Xuyozi Aurelianus Zayaxa, et adopta le nom de plume Aurelianus Xuyozis, qu’il trouvait plus court, ce qu’il était, mais surtout plus euphonique. Nous l’appelons tendrement dans la famille Xuyozi l’Ancien.

I. Biographie de Xuyozi l’Ancien

Xuyozi (né Xuyozi Aurelianus Zayaxa, 1873–1949) demeure l’une des figures les plus énigmatiques de la poésie théorique du tournant du XXᵉ siècle. Issu d’une famille modeste de relieurs de la région de Cluj, il développe très tôt une fascination pour les marges, les errata et les pages mal imprimées. Selon son propre témoignage, c’est en observant une coquille dans un vieux missel roumain — Deus est amos au lieu de amor — qu’il aurait compris que « la vérité poétique naît de la déviation ».

Formation et influences
Xuyozi étudie brièvement la philologie comparée à Budapest, mais abandonne après avoir soutenu que les fautes de grec ancien dans les papyri étaient « plus instructives que les formes correctes ». Il voyage ensuite en Italie, où il découvre les manuscrits raturés de Leopardi, puis en France, où il fréquente les cercles symbolistes sans jamais y être vraiment admis. Mallarmé, dit-on, l’aurait qualifié de « géomètre de l’approximation ».

L’œuvre
Son œuvre publiée est mince : un recueil (Vers pour une mesure incertaine, 1908), un traité (De l’Erreur comme principe, 1912), et quelques articles dans des revues confidentielles. Mais c’est son manuscrit tardif, Ars Poetica Xuyoziana, retrouvé après sa mort dans une boîte à biscuits, qui lui vaut aujourd’hui sa réputation.

La méthode Xuyozienne
Xuyozi élabore une doctrine paradoxale : la poésie doit viser la perfection tout en la manquant volontairement. Il défend l’idée que le vers mal compté révèle la structure profonde du langage, que la rime décalée ouvre un espace métaphysique, et que la faute orthographique est un acte herméneutique.

Mort et postérité
Il meurt en 1949, certains diront de suicide*, en laissant pour testament cette phrase énigmatique : « Corrigez-moi en me trahissant. »

Les xuyozistes contemporains — rares, mais fervents — voient en lui un précurseur de la poétique computationnelle, un théoricien du bruit et un mystique de la dissonance.

* Il est maintenant admis qu’il fut assassiné par une clique de poétaillons jaloux de son indéniable génie, de son rayonnement et de son influence sans cesse grandissants. Certains auraient soupçonné un temps l’entourage de Mallarmé de s’être livré à cet acte odieux et anti-chrétien, mais aucune preuve n’a jamais pu le démontrer de façon certaine, malgré les innombrables enquêtes menées à ce jour.

___


Méditons sur ce spécimen de la poésie de l’Ancien, en apparence si acroatique.

I
Le vers, dit Xuyozi, doit peser comme un astre,
D’où reluit le cristal qui reflète l’esprit ;
Mais l’ombre du savoir, si l’on n’en fait désastre,
Doit plier sous la loi, en quête de l’écrit.

II
Le mot, pierre d’esprit, s’ajuste à la pensée,
C’est par l’ordre du nombre et point par le hasard ;
Chaque syllabe est temple où l’âme est condensée,
Où l’erreur, si savante, expirera sur le tard.

III
Le poète calcule, et pourtant il s’égare :
Son mètre voit la rime à la place du cœur ;
Il trace un cercle faux, mais d’un éclat bizarre,
Où l’infini s’ébat dans le choeur de la nuit.

IV
Quand le vers, mal compté, devient la loi si douce.
Alors l’art, selon lui, n’est qu’un doute parfait,
Un algorithme obscur que la bauté repousse,
Et l’esprit, en cherchant, découvre qu’il se tait.

(à suivre)

(Composition de XuyozIA)

Posté à 05h26 le 07 mai 26

Édité à 22h13 le 07 mai 26 par Xuyozi

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Pierre Lamy

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Xuyozi
Lorsque qu'il est tu, le recours à l'IA pour écrire un texte, c'est de la triche.
Lorsqu'il est assumé, comme ici, il ouvre de nouvelles portes à la création.
Ceci nous vaut ce délirant pastiche.
L'image est superbe, comme d'hab.

Posté à 06h10 le 07 mai 26

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Xuyozi

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Merci, Pierre Lamy, votre jugement de connaisseur ne fait jamais défaut. (je jure que l'IA n'a pris aucune part à ce commentaire)

Posté à 06h15 le 07 mai 26

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Vuthy

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Bonjour,

J’avais, dans l’un de mes quatrains, préconisé de signer X si un jour un robot parlait l’alexandrin (machinalement, quoi).
Pardon Xuyozi, je ne vous connaissais pas à l’époque.

C’est la première fois que je vois un texte généré par IA qui s’approche aussi bien du vers classique. Il n’y a que quelques fautes, dont seulement une grosse. Pour les autres, on peut se demander si la machine ne les a pas mises exprès pour faire plus humain... C’est aussi à se demander que vont advenir les concours et les sites de poésie eux-mêmes si l’emploi se généralise.
Je me permets, peut-être pour ouvrir un débat sur le sujet, de présenter un quatrain que j’avais prêt à paraître sur le sujet :

Que rajouter…
Pour marque déposer l’AOC du Poète ?
“Garanti sans IA”, “100% naturel”,
“Cousu main”, “Authentique”, ou “Made dans ma tête”,
“Vieux métier”, “Fait maison”,“Vers traditionnel” ?

Sinon, bravo pour la poétique ; le dernier vers est magnifique.

En attendant la suite…

®Commentaire fait clavier.

Posté à 06h59 le 07 mai 26

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Pierre Lamy

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L'homo-sapiens est ainsi fait qu'on ne peut y échapper.
Je suggère donc que comme Xuyozi, on précise qu'on a eu recours à l'IA. Comme on le fait déjà pour les illustrations.

NB : Perso, je n'y ai jamais recours bicose composer un poème suivant une forme fixe est pour moi un sport cérébral qui maintient mes vieux neurones en état.

Posté à 07h07 le 07 mai 26

Édité à 08h14 le 07 mai 26 par Pierrelamy

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Xuyozi

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Vuthy

Quand on sait lire noir sur blanc :

La méthode Xuyozienne
Xuyozi élabore une doctrine paradoxale : la poésie doit viser la perfection tout en la manquant volontairement. Il défend l’idée que le vers mal compté révèle la structure profonde du langage, que la rime décalée ouvre un espace métaphysique, et que la faute orthographique est un acte herméneutique.

Si fautes il y a, elles ne font qu'illustrer la doctrine de Xuyozi l'ancien.

Posté à 08h13 le 07 mai 26

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Vuthy

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Ah ! Oui. C'est l'un de mes quatrains :

C’est l’intention qui compte

À quiconque vous fait le plus petit reproche
Pour un mètre boiteux ; le plus petit procès
Pour une diérèse, une rime qui cloche,
Il faut répondre : « Ah ! Ça ? Mais je l’ai fait exprès. »

Posté à 08h23 le 07 mai 26

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Xuyozi

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Pierre Lamy

Salutations à vos neurones, aussi honnêtes que méritoires.

Des rumeurs circulent dans les officines de l'UNESCO et de l'ICZN qui voudraient que l'on ajoute une nouvelle espèce au genre Homo, l'Homo sapiens sapIA. à côté de l'Homo sapiens sapiens. Quelque diplomate ou scientifique sur le site pourrait-il nous en apprendre davantage ?

Note : Linné ne l'avait pas vu venir celle-lia !

emot27

Posté à 16h32 le 07 mai 26

Édité à 17h14 le 07 mai 26 par Xuyozi

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