La poésie sur internet
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Par : Lau
Ce ru du blavet va dans le pré vert, s'y rue,
Emmène des farios sur son chariot d'eau,
Une couleuvre y bronze en finissant sa mue
Qu'aguichent quelques joncs et j'y lance un bateau
Fait d'un vélin vanné que coupa mon couteau
Où j'écrivais, fané, le vent de ta fleur nue ;
Ma bouteille à l'eau douce, un esquif, un radeau,
Un souvenir damné par l'ivresse non lue.
Puis le perdis de vue au détour arrondi
D'un lacet que son cours, telle une signature
Fouettait dans sa mâture, il était temps, pardi !
De rejoindre l'amont, sa source et sa nature
Où le coffre à jouets gonflé de falbalas
S'ancre d'une espérance au parfum de lilas.
Posté à 11h54 le 12 avril 26
Édité à 11h54 le 12 avril 26 par Lau
vraiment un plaisir à lire, mais j'ai pas vu venir le coffre à jouet et il me laisse perplexe... et puis, bien sûr le retour au source
Posté à 12h21 le 12 avril 26
Un plaisir à lire en effet, le sujet me parle et la simplicité du phrasé m'enchante

Posté à 12h48 le 12 avril 26
Oui! Bravo!
Pour le le mot "fouettait" j'ai dû m'y reprendre à deux fois car je le lisais en 3 mouvements.
Le lire à voix haute est un régal.
On dirait un chagrin d'amour qui doit laisser sa place...
Posté à 13h09 le 12 avril 26
Viemartienne,
Paul Valéry
« La poésie est une hésitation prolongée entre le son et le sens. »
Votre première citation sur votre carte de visite... Voilà, je pense, une des définitions les plus justes de cet art qui nous occupe... Ce qui concerne les inférences élaboratives est du domaine le plus juteux, le plus 'poétique : l'indicible et l'ineffable vers lesquels on tend.
Pierre,
Je t'en prie, prends place. Plaisir.
Sylvaind'ilyatroisans,
il est plein d'éclairs ce fouet, il se doit d'être schlagué... tu perçus bien.
Posté à 13h58 le 12 avril 26
Édité à 14h01 le 12 avril 26 par Lau
Un souvenir d'enfance qui se joue de l'écho, rebondit sur les sons et mêle ses images dans les reflets de l'eau. On en sort tout éclaboussé mais ravi
Posté à 16h10 le 12 avril 26
On peut parfois surfer sur la flaque ou le ru.
Qu'un mascaret gentil nous guigne, aussitôt vu,
L'on sent nos mollets durs et le corps, ainsi mû,
Vers un nouveau mystère au son d'alphabet nu.
Posté à 19h14 le 12 avril 26
Je lève mon chapeau devant cette excellence
Où le sens et le son prennent l'image au corps
Et troublent notre esprit pour emporter dès lors
Notre imagination qui grâce aux vers se lance.
Posté à 18h37 le 16 avril 26
Et l'ivresse du mascaret emporte le temps de l'enfance
Vers le souvenir de l'adulte
Aux rouleaux des fleurs de l'âge
Où frissonne la plume du poète....
Bravo !
Posté à 03h28 le 17 avril 26
Édité à 03h30 le 17 avril 26 par Machajol
Voilà deux jolis com ; merci infiniment à vous, Salus et Mâcha.
Quand le cheval ailé, près de l'azur, s'avance,
Il nous faut contrôler la cadence et le mors,
Laisser rimer la plume et sans aucun remords
Glisser la sémantique au doux chant de l'enfance.
Posté à 09h25 le 17 avril 26
Ton quatrain m'est un clin, fait tout exprès, je pense,
Pour jouer à ce jeu de l'aigle et du condor.
Et tout à mon plaisir je me frotte la panse
En relisant tes vers (surtout le second, d'or !)
Posté à 18h16 le 17 avril 26
Sur le val ou la cime ou bien sur la nue anse,
Il est bon de fournir, par ce jeu, des efforts ;
Exercice au grand saut, juste une quarte, fors
La subtile contrainte à la rime en nuance.
Posté à 10h28 le 18 avril 26
On y peut ajouter des danses, des romances,
Une syntaxe étrange, à vous perdre le nord,
Le goût de l'alchimie et de ses nécromances
Et la nécessité que tout ça soit raccord !
(Le sens de ton premier vers me semble sujet à caution ; on pourrait le lire : "Sur le val ou la cime, aux cieux que la nue anse,")
ou bien la "nue-anse" est un ciel en forme d'anse, oui, ça se conçoit...
Posté à 17h02 le 18 avril 26
Édité à 19h12 le 18 avril 26 par Salus
(Il me sied que tu le conçusses...)
La palette est multiple et du jaune au garance,
Les tons nous brûlent l'œil et l'on sent des trésors
Emerger d'une tasse ou bien de la Durance
Ou d'une autre Atlantide ; ainsi sont nos ressorts.
Posté à 11h23 le 19 avril 26
Que notre langue sonne en ses échos de France
Et délicatement ou comme des stentors
Déroulons ses anneaux fluides et constrictors
Pour toujours enrichir le terme et l'occurrence
Posté à 11h42 le 19 avril 26
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