Lamartine, comme Chateaubriand, sont les prolongateurs du siècle passé. Si on goûte Chénier, on peut les goûter. Musset, tout comme Vigny sont les laissés pour compte du mirage révolutionnaire, tournés donc vers le passé, ce qui aurait pu être si... Un romantisme tardif et négatif au contraire du romantisme anglais et allemand qui croit en l'apport de cette révolution étrangère, au point d'annoncer le scientisme (Mary Shelley). Puis la page sera tournée avec Balzac, Hugo, qui vivent sur les deux pages de ce siècle, tandis que Flaubert vit sur la seconde. C'est pour cela qu'il est intéressant de rapprocher les "confessions d'un enfant du siècle" de Musset de "l'éducation sentimentale" de Flaubert. L'un est le négatif de l'autre. L'un n'accède pas à la modernité, tandis que l'autre y pénètre tout en s'en gaussant (Bouvard et Pécuchet). Balzac, qui est à cheval, y résiste tout en jouant le jeu qu'il dénonce. Certains seront victimes de ce changement de pages comme Baudelaire, et d'autres se rebelleront comme Rimbaud qui se barre tandis que Verlaine larmoie, etc. Les Parnassiens s'enferment sous cloche dans le musée de la belle écriture standardisée, éviter comme on peut la gifle de l'Histoire. Ceux qui ont tourné la page nous semblent donc plus proches de nous, nous qui n'avons pas eu à tourner celle-ci... Mais quelle que soit la boite de Pétri en laquelle s'enferme et germe une époque, qu'est-ce qui se retrouve en chacune, indépendamment de ces décorations momentanées qui font modes et snobismes ? Cet invariant temporel, l'énergie de la plainte qui définit le chant de l'animal humain face à la conscience qu'il a de sa condition. C'est cela qui nous toucherait si nous disposions de la poésie Aztèque.