Le temps de vivre
A peine avons nous eu, juste, le temps qu'on s'aime,
Vingt ans ! C'est une paille, et le drame est le même.
Nous n'avions rien promis, nous avons tout tenu ;
Plutôt que le mensonge et l'âpre méfiance ;
Nous nous étions tout dit, l'autre était la pitance,
La soif avant que boire et le vaste horizon,
La croyance et l'espoir, le Diable et l'Oraison...
Tout ce que l'esprit voit nous était réciproque
Et comme on le choyait, ce faux reflet baroque,
La partie étrangère à notre sort commun !
Nul cri ! Pas de dispute ! A deux, unis comme un !
Et nous tirions la vie avec la même corde.
Nous nous protégions, l'autre et l'un, de ce monde orde.
Puis la mort vint, dans un à-pic abrupt ;
L'âme encor vive est restée en enfer,
Et dans son crâne, où pourrit l’occiput
En fusion coule, intense, une larme de fer.
Posté à 22h49 le 03 mars 26
Édité à 22h50 le 03 mars 26 par Salus